Session: Les femmes seront peut-être obligées de servir

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SessionLes femmes seront peut-être obligées de servir

Le Conseil des États a pris acte, mercredi, d’un rapport sur les problèmes d’effectifs au sein de l’armée et de la protection civile.

par
Christine Talos
Les femmes vont-elles devoir elles aussi faire du service militaire?

Les femmes vont-elles devoir elles aussi faire du service militaire?

VBS

Les femmes pourraient peut-être être obligées de servir. En effet, le Conseil des États a accepté tacitement un rapport en deux parties sur les problèmes d’effectifs au sein de l’armée et de la protection civile et dans lequel le Conseil fédéral évaluait la possibilité d’enrôler les femmes pour répondre aux besoins. Le National doit encore se prononcer.

L’armée a un effectif réel de 140’000 militaires, a rappelé Werner Salzmann (UDC/BE) au nom de la commission. «Mais cet effectif ne pourra être maintenu que pendant quelques années encore. Tout devrait changer vers la fin de la décennie, car deux classes d’âge seront licenciées en 2028 et 2029», a-t-il expliqué. Dans la protection civile, c’est aussi l’inquiétude puisque les effectifs sont déjà inférieurs aux 72’000 membres requis, a également relevé le Bernois.

Doubler les effectifs grâce aux femmes

Pour remédier à la situation, le Conseil fédéral a retenu deux options: celle de fusionner le service civil et la protection civile pour former une nouvelle entité; mais aussi celle de rendre le service obligatoire pour les femmes, et ainsi doubler les effectifs. Toutefois, une simple obligation pour les femmes de participer à la journée d’information sur l’obligation de servir dans l’armée, comme le National l’a accepté dans un postulat, est elle aussi envisagée.

«Si cela ne tenait qu’à moi, la journée d’orientation pour les femmes serait déjà obligatoire aujourd’hui. Je suis convaincue qu’il s’agit d’une grande chance d’attirer davantage de femmes volontaires dans l’armée», a plaidé Andrea Gmür-Schönenberger (Centre/LU) pour qui il s’agit aussi d’égalité. Concernant l’obligation de servir des femmes en fonction des besoins, elle se montre également favorable: «C’est une question de valeur et non d’effectifs».

Service citoyen évoqué

Les sénateurs ont également remis sur la table, mercredi, la question d’un service citoyen. À l’image de Josef Dittli (PLR/UR). «Je suis convaincu que c’est la meilleure chose à faire pour notre pays à long terme. Nous devons absolument veiller à ce que le sujet revienne sur le tapis». 

Des propos largement approuvés par Charles Juillard (C/JU), membre du comité de l’initiative «pour une Suisse qui s’engage (initiative service citoyen)» lancée en avril dernier. Selon lui, l’initiative est un «véritable service à la communauté». Et il faut «absolument associer plus largement les jeunes à l’avenir de notre pays, selon des modalités qu’il s’agira de définir», a-t-il précisé. «Cela permettrait aussi aux diverses communautés de notre pays de mieux se connaître pour réapprendre le vivre-ensemble, parce qu’on sent clairement qu’il y a toujours plus de différences entre les régions, les cultures, les langues».

Mais la cheffe de l’Armée, Viola Amherd, a calmé les ardeurs des deux élus en leur rappelant que le service citoyen n’était pas à l’ordre du jour. «Mais il sera discuté d’une manière ou d’une autre, et ce dans le cadre de l’initiative populaire en cours», a-t-elle déclaré.


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