Après l'hécatombe de la descente dames: «Les filles sont capables de skier sur les pistes difficiles»
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Après l'hécatombe de la descente dames«Les filles sont capables de skier sur les pistes difficiles»

La descente dames des JO de Vancouver, remportée mercredi par l'Américaine Lindsey Vonn, a envoyé plusieurs skieuses au tapis. La piste, particulièrement sélective, est-elle en cause? L'ancienne skieuse valaisanne Sylviane Berthod donne son avis à 20 minutes online.

par
Catherine Muller

Si Lindsey Vonn a été capable de produire une performance sans faute sur une piste dure et bosselée, la majorité de ses rivales ont vécu une course mouvementée. Au contact de l'Américaine au dernier temps intermédiaire, La Suédoise Anja Paerson a décollé sur la dernière bosse, ce qui l'a entraînée dans une chute impressionnante. La Suissesse Dominique Gisin est elle aussi tombée sur le dernier saut, alors que l'Italienne Daniela Merighetti chutait à haute vitesse. Plus malchanceuse, la Roumaine Edith Miklos, partie dans les derniers dossards, a dû être évacuée par hélicoptère à l'hôpital.

Un trop grand décalage

Retraitée du cirque blanc depuis la fin de la saison 2007-2008, la Valaisanne Sylviane Berthod (32 ans) a suivi l'épreuve derrière son petit écran. Selon elle, la polémique ne doit pas se cristalliser autour de la difficulté de la piste. «Le problème, c'est le décalage qui existe entre les pistes sur lesquelles les filles évoluent durant toute la saison et un tracé comme celui-çi. En Coupe du monde, il faudrait qu'ils arrêtent de raboter toutes les bosses pour en faire des pistes lisses.»

Avant de renchérir: «Bien sûr que les filles sont aussi capables de skier sur des pistes difficiles. Mais il faudrait qu'elles puissent y évoluer régulièrement. Je me souviens qu'en 1999, la piste des Mondiaux de Vail était également très sélective, avec un saut monstrueux. Rien à voir avec celles de Coupe du monde». Une baguette magique en main, Sylviane Berthod se serait-elle volontiers transposée au départ de la descente? «Si je repense à mes dernières courses sur le circuit, avec des douleurs régulières, certainement pas! J'aurais eu la trouille! J'aurais simplement prié pour rejoindre l'arrivée. Mais au sommet de ma forme, c'est sûr, je me serais régalée!»

«Dommage pour l'image du ski féminin»

Bénéficiant d'une grosse audience, - comme toutes les épreuves olympiques -, cette descente ne risque-t-elle pas de faire du tort au ski féminin, en regard au nombre élevé de concurrentes qui ont été en difficulté? «C'est sûr, et c'est vraiment dommage, surtout quand on regarde les gros écarts à l'arrivée, regrette l'ancienne skieuse. Mais n'oublions pas que les filles n'ont pas été en mesure de s'entraîner correctement sur cette piste, ça compte pour beaucoup. Bien sûr, je comprends le problème qu'ont les organisateurs avec leur planning, mais ce n'est pas une raison pour négliger le facteur humain et celui de la sécurité».

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