Actualisé 14.02.2011 à 21:47

Drame de Saint-Sulpice (VD)

«Les fillettes ont été vues vendredi soir»

Tandis qu'une septantaine de personnes ont défilé à Saint-Sulpice (VD), samedi, les jumelles restent toujours introuvables.

Une septantaine de personnes ont marché samedi après-midi à travers Saint-Sulpice (VD). Elles entendaient manifester leur solidarité envers la famille dont les deux fillettes sont portées disparues.

Parties du bord du lac, ces personnes, enfants compris, sont remontées jusqu'au centre du village où elles ont observé une minute de silence. Interrogée par l'ATS, Joanne, une amie de la famille, a tenu à remercier les gens qui s'étaient déplacés.

La marche, à laquelle des mères de famille de l'école avait appelé, apporte «un soutien dans la longue souffrance» qu'endure la famille, a déclaré Joanne. Ce rassemblement montre aussi «l'espoir que les fillettes sont vivantes», en Suisse, en France ou en Italie.

«Tous les témoignages qui pourront aider à les trouver sont attendus», a poursuivi Joanne. Les jumelles sont scolarisées à Saint-Sulpice et chaque parent se sent touché par «cette situation tragique».

Toujours introuvables

En proie à des problèmes personnels, le père des enfants a disparu de son domicile dimanche dernier avec ses deux filles de six ans. Il a passé en France avant de son donner la mort jeudi en se jetant sous le train dans la région de Cerignola (I), dans les Pouilles. La police a repris samedi les recherches pour trouver les fillettes.

Les opérations de recherches pour retrouver des soeurs jumelles n'avaient toujours rien donné samedi en fin de journée, que ce soit en Italie, en France ou en Suisse.

Dans un entretien téléphonique à la chaîne publique Rai2 samedi soir, l'oncle des jumelles, Valerio Lucidi, a depuis Lausanne affirmé que les «fillettes ont été vues hier soir (vendredi soir) à Monza (nord) en compagnie d'une femme blanche aux cheveux bruns», ajoutant que «le père avait été vu dans région d'Amalfi, de Naples, en train de déjeuner dans une pizzeria, sans les fillettes». Ces informations n'ont pas été confirmées par les enquêteurs.

Carte postale envoyée

La mère s'était présentée vendredi à la police française à la recherche de ses filles à Marseille (sud de la France), d'où le père lui avait envoyé le 31 janvier une carte postale dans laquelle il se disait désespéré et affirmait ne pas pouvoir vivre sans elle.

En Italie, des moyens importants ont été mobilisés pour rechercher les fillettes aux environs de la gare de Cerignola (Pouilles, sud), où leur père s'est donné la mort en se jetant sous un train.

Brigades cynophiles, agents à cheval et hélicoptères ont passé au peigne fin la région pour tenter de retrouver une trace d'Alessia et de Livia, mais sans succès.

Parallèlement, les recherches se sont poursuivies en Suisse, où une trentaine d'agents ont été mobilisés, et près de Marseille, mais sans plus de résultats.

Dépouille rapatriée

Deux inspecteurs suisses ont en outre été dépêchés en Italie, où ils ont apporté des vêtements appartenant aux deux soeurs pour aider les chiens dans leurs recherches grâce à leur odeur. Ils doivent également rapatrier en Suisse la dépouille du père pour une identification formelle.

Deux autres policiers suisses se sont par ailleurs rendus à Marseille pour les besoins de l'enquête, mais là non plus pas de résultats probants jusqu'à présent.

Le procureur-adjoint de Marseille, Christophe Barret, a précisé qu'une enquête avait été ouverte pour «disparition inquiétante de mineurs» en vue de «retracer l'itinéraire (du père et) pour savoir s'il était en France avec ses deux petites filles, ce qui n'est absolument pas avéré».

«On sait qu'il a passé la frontière (entre la Suisse et la France) dimanche soir», a dit M. Barret, ajoutant que le véhicule du père avait été retrouvé «dans le sud de l'Italie, à proximité de l'endroit où l'on a découvert ce qui est vraisemblablement son corps».

«Ce qu'on sait, c'est que l'on n'a pas de preuves de la présence récente des deux petites filles dans le véhicule», a-t-il précisé.

«Tout est envisageable»

Un appel à témoins diffusé vendredi par la police cantonale vaudoise a été relayé par la police française, selon M. Barret.

«Les deux fillettes ont été vues pour la dernière fois dimanche (30 janvier) à proximité de leur domicile. Depuis, nous n'avons plus aucune information sur l'endroit où elles se trouvent. Tout est envisageable», a déclaré samedi de son côté un porte-parole de la police cantonale vaudoise, interrogé par l'AFP.

Il a ajouté qu'il ne disposait d'aucun élément permettant de penser que les jumelles n'auraient pas quitté la Suisse. Le père aurait quant à lui été vu jeudi midi à Naples, a-t-il indiqué.

Le sort des enfants suscite les plus grandes craintes de la part des pouvoirs publics, selon une source proche de l'enquête. Les pompiers italiens ont d'ailleurs commencé à explorer les nombreux puits qui se trouvent dans la région de Cerignola.

La mère des fillettes, originaire d'Ascoli Piceno, en Italie, a préféré ne pas quitter son domicile suisse, d'où elle reste cependant en contact constant avec les enquêteurs italiens, selon l'agence italienne Ansa.

(ats/afp)

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