Suisse - Les finances publiques en mauvaise santé à cause du coronavirus
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SuisseLes finances publiques en mauvaise santé à cause du coronavirus

Une étude récente s’est penchée sur les conséquences financières de la pandémie sur les cantons, les villes et les communes.

par
comm/ofu
LAB

Baisse conséquente des recettes fiscales et vague d’endettement: une étude de PwC Suisse (lire encadré) a examiné les conséquences financières de la crise du coronavirus sur les cantons, les villes et les communes de Suisse. Elle s’est également penchée sur les répercussions concrètes de la pandémie.

Sans grande surprise, les cantons, les villes et les communes s’attendent à des recettes fiscales en net recul pour 2020 et 2021. Premier constat: les pertes des recettes des personnes morales (-23% pour les cantons et -16,6% pour les villes) sont plus fortes que celles des particuliers (-1,1% pour les cantons et -1,6% pour les villes). Les chercheurs pensent que cela est dû au fait que les entreprises sont plus fortement exposées aux risques financiers liés à la crise sanitaire. Contrairement aux firmes, les particuliers touchent en effet des indemnités pour réduction de l’horaire de travail. En cas de licenciement, ils sont pris en charge par l’assurance chômage ou le service d’aide sociale.

Les auteurs de l’étude s’attendent par ailleurs à une vague d’endettement pour les années à venir. La hausse de l’endettement serait de 36% pour les cantons et même de 72% pour les villes et les communes, de 2019 à 2023. «Cela indique que les cantons considèrent plutôt que leur rôle est de verser de manière ponctuelle des aides immédiates ou pour les cas de rigueur. Les villes/communes sont quant à elles davantage confrontées aux répercussions à long terme de la pandémie de Covid-19, notamment au niveau local. La mise en œuvre de mesures correspondantes grève donc leur budget sur un nombre plus important d’années», explique Roland Schegg, coauteur de l’étude et directeur chez PwC Suisse.

Pour finir, l’étude ne révèle pas uniquement des aspects négatifs. Les auteurs misent ainsi sur une reprise des recettes fiscales dès 2022. Ils pensent aussi que la stabilisation financière se fera grâce à des gains d’efficacité et des optimisations de prestations. La pandémie a par exemple favorisé, dans les administrations comme dans l’économie privée, le passage au numérique. De ce fait, des augmentations d’impôts ne seraient pas le meilleur moyen pour contrer les pertes de recettes fiscales. À long terme, les participants à l’étude envisagent plutôt des solutions d’ordre structurel, comme le coefficient d’impôt ou l’allocation des investissements.

Quelques informations sur l’étude

L’étude de PwC Suisse a été réalisée en mars et avril 2021 sur la base d’un questionnaire en ligne structuré (en collaboration avec l’Union des villes suisses), complété par des entretiens personnels. Elle examine les conséquences financières de la pandémie sur les cantons, les villes et les communes. L’étude comprend par ailleurs plusieurs entretiens avec des membres de gouvernements et directions des finances afin d’approfondir les questions pratiques. Enfin, l’ancien conseiller exécutif bernois Andreas Rickenbacher se livre à une évaluation des résultats de l’étude.

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