Venezuela: Les firmes suisses biffent des centaines de postes

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VenezuelaLes firmes suisses biffent des centaines de postes

Les groupes helvétiques installés au Venezuela souffrent également de la crise sans précédent que connaît le pays. Ils réduisent drastiquement la voilure.

par
Christine Talos
La crise qui secoue le Venezuela et le gouvernement Maduro affecte aussi les firmes suisses installées là-bas.

La crise qui secoue le Venezuela et le gouvernement Maduro affecte aussi les firmes suisses installées là-bas.

Keystone

Le Venezuela vit sa pire crise politique depuis des décennies, marquée par les pénuries d'aliments et les manifestations. Et le spectre d'un défaut de paiement se profile désormais. Dans ce contexte, les groupes suisses installés dans ce pays se redimensionnent et suppriment des centaines d'emplois, souligne ce jeudi la Handelszeitung.

Les firmes suisses ne font en effet plus d'affaires au Venezuela, souligne le journal économique et les exportations helvétiques ne cessent de chuter. Entre avril et juin dernier, elles se sont ainsi élevées à 11 millions de francs, soit leur niveau le plus bas depuis 30 ans. Ceci alors qu'en 2012, elles atteignaient plus de 500 millions de francs.

La pharma souffre

En tête des firmes qui souffrent le plus de la crise, celles de la pharma bâloise. Novartis qui occupait jusqu'à 600 personnes dans ses deux filiales Venezuela, ne compte plus que 80 employés. Roche, chez qui 300 personnes travaillaient encore en 2014, n'a plus que quelque 80 collaborateurs également.

Le plus grand groupe suisse dans ce pays d'Amérique du Sud qui dispose des plus grandes réserves pétrolières du monde, est Nestlé qui emploie plus de 3000 personnes et y fait tourner cinq fabriques.

Nestlé s'accroche

Comme d'autres groupes internationaux, la multinationale veveysanne est menacée de nationalisation et vit dans un climat de violences quotidiennes. Mais contrairement à des firmes comme Pirelli, Lufthansa ou General Motors, l'entreprise vaudoise a choisi de rester. «Nous désirons poursuivre nos activités au Venezuela et soutenir les communes dans lesquelles nous sommes actifs», selon un porte-parole. Qui ajoute que la sécurité des collaborateurs est prioritaire.

L'un des groupes suisses présent depuis le plus longtemps dans ce pays est le spécialiste des ascenseurs Schindler. Arrivé en 1949 alors que le Venezuela était le pays le plus riche d'Amérique latine, il souffre également de la crise. Au moment de l'arrivée au pouvoir du président Maduro en 2013, la firme possédait 5 bureaux de vente et six unités de service. Aujourd'hui, le secteur de la construction tourne au ralenti, les carnets de commandes sont vides et il n'y a plus assez d'argent pour financer la maintenance.

Le groupe Sulzer connaît aussi de grosses difficultés. A l'époque de l'ancien président Hugo Chavez mort en 2013, l'entreprise avait ouvert une filiale pour les turbines et le pompage. Depuis le gouvernement Maduro et la crise, le groupe zurichois a dû mettre un terme à ses activités de turbines. Sa filiale était capitalisée à 5000 bolivars vénézuéliens. Soit, avec l'hyperinflation, à la valeur actuelle de 4 kilos de bananes.

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