Les flibustiers du «flip book»

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Les flibustiers du «flip book»

Un chroniqueur et un graphiste s'allient pour détourner un procédé d'animation séculaire. Une démarche qui évolue au fil des six premiers numéros.

«Ces «flip books» sont le seul moyen de marier les images en mouvement et le texte», s'émerveille Claude Zurcher, chroniqueur à La Gruyère et l'un des papas de ces folioscopes. Ces petits objets qui utilisent l'animation par une succession d'images. «Un vieux procédé qui existe depuis plus d'un siècle», précise Richard Charrier, graphiste indépendant et second géniteur du système.

Du «flip book» traditionnel destiné aux enfants fonctionnant sur le côté «trucage» et «magique», du mouvement, les deux compères ont fait un objet avec un discours. Les séquences animées ne sont pas anodines: démolition d'immeuble, abattage de vache ou chute de Fidel Castro. Pis, au verso des images se trouvent des textes: témoignage, statistiques, fiction. «C'est volontairement assez sombre et violent, car c'est l'antithèse des «flip books» classiques», explique Claude Zurcher. Mais la démarche évolue. Le tout dernier numéro de la série, Marie, est plus poétique. C'est aussi le premier à être une fiction.

«A la base, on voulait faire un truc très underground, mais avec le coût de l'imprimerie on est revenu à une démarche plus commerciale», confie Claude Zurcher. Ces petits ouvrages, tirés à 1500 exemplaires, se trouvent en librairie chez le petit indépendant comme à la Fnac, au prix de 8 fr pièce.

Renaud Bournoud

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