Genève: Les fonctionnaires feront grève en décembre
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GenèveLes fonctionnaires feront grève en décembre

Les syndicats de la fonction publique ont annoncé ce vendredi une manifestation, un débrayage et le dépôt d'un préavis de grève.

par
Jérôme Faas
1500 fonctionnaires avaient déjà manifesté le 12 novembre. Ils remettront cela le 4 décembre.

1500 fonctionnaires avaient déjà manifesté le 12 novembre. Ils remettront cela le 4 décembre.

Le 12 novembre, 1500 fonctionnaires défilaient dans la rue. Le 26 novembre, le personnel des TPG faisait grève. Ce mouvement de colère est en train de gonfler. Excédés par la politique du Conseil d'Etat et les velléités de coupes de la droite parlementaire, les syndicats de la fonction publique ont annoncé ce vendredi matin leurs actions à venir: une manifestation le 4 décembre, un débrayage «d'une journée ou d'une demi-journée» le 18 décembre, et le dépôt d'un préavis de grève pour janvier.

Les raisons de cette grogne n'ont pas varié depuis plusieurs semaines: le projet de budget 2015, qui prévoit des coupes, est jugé inacceptable. Le projet SCORE de nouvelle grille salariale également. S'ajoutent à ce mécontentement divers projets de loi prévoyant, notamment, une hausse du temps de travail, une hausse des cotisations retraite, ou encore l'abandon du caractère automatique des annuités.

La conseillère d'Etat craint 300 licenciements

Les derniers débats en commission des finances n'ont pas arrangé les choses. Jeudi, les élus ont adopté deux amendements du MCG visant à économiser 18 millions de francs au Département de l'instruction publique. En soirée, la conseillère Anne Emery-Torracinta a indiqué sur Léman Bleu que «si l'on devait réaliser l'économie voulue par le MCG, plus de 300 personnes devraient être licenciées au 1er septembre prochain: tous les enseignants engagés cette année» pour assurer l'introduction du mercredi matin, soit 150 employés, ainsi que 150 autres au Cycle d'orientation.

Les policiers feront grève

«La catastrophe est annoncée. Demain, ce sera des licenciements massifs», a ainsi réagi ce vendredi Marco Spagnoli, du Syndicat des services publics. Les policiers ont également décidé de s'aligner sur les mots d'ordre du Cartel intersyndical de la fonction publique, «y compris en ce qui concerne la grève, a précisé Christian Antonietti, président du Groupement des associations de police. Nous discuterons d'un service minimum, mais nous opposerons à ce qu'il soit plus important que ce qui est nécessaire.»

Les instituteurs sonnés

Le président de la Société pédagogique genevoise, qui représente les instituteurs, pense que ses membres, généralement réticents à cesser le travail puisqu'ils sont en charge d'enfants en bas âge, pourraient franchir le pas. «L'annonce d'Anne Emery-Torracinta pourrait bien créer un choc suffisant pour que cette fois, ils osent débrayer», estime Laurent Vité.

Débrayages en prison

"Récemment, deux collaborateurs ont dû uriner dans des bouteilles car ils ne pouvaient pas être relevés. Nous n'accepterons pas d'aller plus loin." Christian Antonietti, qui représente notamment agents de détention, a averti ce vendredi que des actions syndicales se produiraient en décembre dans les établissements carcéraux. "En 2013, le Conseil d'Etat avait garanti que l'effectif de Champ-Dollon serait renforcé par 85 équivalents temps-plein. Il devait y avoir 400 gardiens à la fin 2013. Nous sommes à la fin 2014, et nous n'y sommes toujours pas." Et d'annoncer: "Avant la fin de cette année, je pense qu'il y aura des débrayages dans toutes les prisons."

Pourquoi une grève en janvier?

Un préavis de grève pour le mois de janvier, soit après le vote du budget, la chose est inédite. Davide de Filippo, du syndicat SIT, l'explique par trois raisons: "d'abord, rien n'assure que le projet de budget 2015 sera voté en décembre. Ensuite, s'il est voté, la lutte va au-delà, car les attaques contre la fonction publique vont se multiplier durant toute la législature. Nous sommes déterminés à ne pas attendre novembre prochain pour commencer à établir un rapport de force. Enfin, nous combattons toujours le projet SCORE de refonte des grilles salariales."

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