Actualisé 08.09.2015 à 16:55

Finlande

Les fonctionnaires se font sucrer huit jours de congé

Afin de redresser l'emploi et la compétitivité, le pays sabre dans certains acquis sociaux, et pas que dans le secteur public. Au grand dam des syndicats.

Juha Sipilä, le Premier ministre finlandais, a choisi de légiférer après l'échec, en août, des négociations avec les partenaires sociaux.

Juha Sipilä, le Premier ministre finlandais, a choisi de légiférer après l'échec, en août, des négociations avec les partenaires sociaux.

Le gouvernement pro-austérité finlandais a annoncé mardi la suppression de huit jours de congés pour ses fonctionnaires, entre autres mesures destinées à abaisser le coût du travail dans une économie en difficulté. «Les congés, en particulier dans le secteur public, seront réduits de 38 à 30 jours», a indiqué le gouvernement dans un communiqué.

L'Exécutif, qui associe centristes, libéraux-conservateurs et eurosceptiques de droite, s'est fixé pour objectif de diminuer le coût unitaire du travail de 5%.

Deux fériés supprimés

Les autres mesures comprennent, pour tous les salariés du pays, une réduction de la majoration de salaire: de moitié lorsqu'ils effectuent des heures supplémentaires et d'un quart pour les dimanches travaillés. Par ailleurs, deux jours fériés, l'Epiphanie et l'Ascension, ne seront plus payés, de même que le premier jour d'un arrêt-maladie.

Une fois adoptées par le Parlement, ces mesures doivent s'appliquer dans chaque branche à partir de l'expiration de la convention collective, a précisé le Premier ministre, à Helsinki. Juha Sipilä avait choisi de légiférer après l'échec en août des négociations des partenaires sociaux autour son projet de «pacte social».

Il avait remporté les législatives en avril en promettant de redresser l'emploi, l'investissement et l'envie d'entreprendre dans un pays qui a aligné trois années de récession (-1,4% en 2012, -1,1% en 2013 et -0,4% en 2013).

Syndicats déçus

Les syndicats ont déploré cette rupture avec une longue tradition de compromis politiques et sociaux. «Les mesures vont mettre à mal les négociations tripartites (ndlr: entre syndicats, patronat et gouvernement), les accords collectifs et la culture du compromis», a affirmé dans un communiqué le président du syndicat de fonctionnaires Pardia, Niko Simola.

Pour le chef de gouvernement, les mesures sont «indispensables» pour restaurer la compétitivité de la Finlande, juguler la hausse de la dette publique et faire repartir à la hausse le taux d'emploi, que Helsinki veut porter à 72% contre 70,7% actuellement. (nxp/afp)

(NewsXpress)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!