Canton de Vaud: Les fonctionnaires vaudois nouvellement papa auront 20 jours
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Canton de VaudLes fonctionnaires vaudois nouvellement papa auront 20 jours

Le Grand Conseil vaudois a tranché en faveur d’un congé paternité non cumulable avec les 10 jours accordés par le droit fédéral.

Photo d’illustration.

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Les employés de l’Etat de Vaud auront le droit à un congé paternité de 20 jours. Le Parlement a accepté mardi à quatre voix près cette proposition faite par le gouvernement. Il a en revanche refusé de cumuler ces 20 jours aux 10 jours du congé fédéral. Vaud était le dernier canton suisse, à part Fribourg, à n’offrir que cinq jours.

Le Conseil d’Etat avait préparé son projet avant que le peuple suisse n’accepte en septembre dernier le congé paternité au niveau fédéral, plébiscité à plus de 80% par les citoyens vaudois. La loi sur le personnel de l’Etat sera ainsi modifiée et augmentera à 20 jours au total la durée du congé paternité dans l’administration publique.

Initialement, il avait été question de cumuler les 10 jours accordés au niveau fédéral et les 20 jours cantonaux. Un compromis s’était finalement dessiné en commission et lors du premier débat en faveur de la suppression du congé fédéral, avec en contrepartie une mise en pratique directe et non échelonnée de ces 20 jours dès 2021. Cela dit, un référendum n’est pas à écarter.

Accouchement difficile

Le vote final en deuxième débat est venu confirmer ce compromis, mais de justesse, par 69 oui contre 65 non avec un net clivage entre la gauche et la droite de l’hémicycle. Les députés avaient par contre à nouveau refusé juste avant un amendement socialiste proposant la solution de cumul, par 72 non contre 57 oui.

Mais l’accouchement a été difficile. Avant même le début du débat, le député PLR Nicolas Suter avait proposé de reporter les discussions sur ce projet à la semaine prochaine car sept parlementaires PLR étaient absents mardi, dont quatre en raison d’une infection au Covid-19 ou d’une mise en quarantaine.

Cette motion d’ordre a été longuement et âprement débattue. Alors qu’à droite on a invoqué un «équilibre politique rompu», certains à gauche ont crié à un «abus de la démocratie». D’autres ont rappelé que seul le quorum légal devait être respecté. La demande PLR a finalement été rejetée à une voix près (67 non et 66 oui).

Pas la priorité

Le deuxième débat pouvait dès lors débuter. Gauche et droite, se sont renvoyé en grande partie les mêmes arguments que lors du premier débat en octobre dernier. Au total, une quinzaine d’élus ont pris la parole.

La droite a martelé que ce congé paternité n’était pas la priorité en ces temps de crise de la pandémie du coronavirus. «Le moment est particulièrement mal choisi. Il faut d’abord résoudre cette crise», a lancé l’UDC Jean-Luc Chollet. «L’actualité, ce sont les salaires et le travail, ce n’est pas l’allongement du congé paternité», a renchéri le PLR Jean Rémy Chevalley.

Exemplarité et progressisme

Il ne faut pas «créer un fossé» et «creuser des inégalités» entre le public et le privé, ont dit d’autres élus UDC. Il faut éviter le principe de deux poids deux mesures, a relevé le PLR Alain Bovay, estimant qu’il ne fallait «pas octroyer de nouveaux avantages aux fonctionnaires». Plusieurs députés à droite ont aussi rappelé que le congé paternité fédéral était déjà une «avancée» suffisante.

La gauche a cherché à balayer tous ces arguments de concurrence entre le public et le privé, insistant sur le fait que le canton, en tant que plus gros employeur, devait «donner l’exemple» et se «montrer progressiste». Le Parlement doit aussi avoir une «vision à long terme», ont plaidé des élus Verts et socialistes.

Le Vert Felix Stürner a souligné que le congé paternité vaudois concernerait en moyenne 400 personnes par année sur les quelque 38’000 employés du canton. Le PS Jean Tschopp a pour sa part relevé que certaines entreprises privées avaient déjà des congés parentaux ou paternité plus généreux, citant les 18 semaines chez Novartis.

Pour le camp rose-vert, le projet du gouvernement est l’occasion de renforcer le droit des femmes, l’égalité femme-homme et la politique sociale du canton.

(ATS/NXP)

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