Investissements durables: Les fonds d’actions verts ne tiennent pas leurs promesses en matière de climat
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Investissements durablesLes fonds d’actions verts ne tiennent pas leurs promesses en matière de climat

Aujourd’hui, ces fonds de placement n’obligent souvent pas les entreprises à agir dans le respect de l’environnement. La pression devrait être exercée par les gestionnaires d’actifs, estime Greenpeace Suisse.

par
Jan Graber
Des groupes comme ABB représentent un exemple à suivre, car ils prennent de plus en plus au sérieux la protection du climat et s’engagent à respecter les objectifs climatiques de Paris.

Des groupes comme ABB représentent un exemple à suivre, car ils prennent de plus en plus au sérieux la protection du climat et s’engagent à respecter les objectifs climatiques de Paris.

Reuters

L’idée est séduisante: on investit son argent dans des fonds d’actions durables, ce qui permet de faire fructifier sa fortune tout en faisant du bien. Presque toutes les banques ont aujourd’hui identifié ce besoin et proposent des placements «verts».

Cependant, «ce qui est actuellement présenté comme un investissement durable ne l’est généralement pas», explique Peter Haberstich, expert financier de Greenpeace Suisse. La plupart des banques proposent certes des placements durables, mais les portefeuilles ne contiennent pas exclusivement des entreprises respectueuses du climat, puisqu’il y en a aussi qui sont un peu moins durables que les autres.

Trop peu d’entreprises respectueuses du climat

Dans le domaine, on les appelle «Best in Class», à savoir les meilleurs parmi les comparables. Ainsi, un fonds peut aussi contenir des actions d’une compagnie aérienne qui agit simplement de manière un peu plus respectueuse de l’environnement que ses concurrentes. Mais cela ne signifie pas pour autant que l’entreprise soit vraiment durable.

Un «Mystery Shopping» de Greenpeace a confirmé cette désillusion. Des clients potentiels se sont présentés aux banques avec le souhait d’investir 10’000 francs de manière durable. Aucune institution bancaire n’a pu leur proposer un fonds totalement respectueux du climat. «Il y a encore trop peu d’entreprises vraiment durables pour remplir un portefeuille «vert» bien diversifié», explique Peter Haberstich. Mais à quoi ressemblerait un tel portefeuille?

Selon l’expert de Greenpeace, il contiendrait exclusivement des firmes qui se sont engagées à respecter les objectifs climatiques de Paris: elles réduisent continuellement, à temps et de manière mesurable, leurs émissions de CO2 pour tendre vers zéro. Un fonds avec cette stratégie devrait également prendre en compte les émissions émises par les produits et les services des entreprises. La compagnie aérienne serait alors éliminée et la compagnie ferroviaire intégrée.

Une grande influence des gestionnaires d’actifs

Selon une étude de l’institut de recherche GFS, cela correspond également à une exigence de la population: 67% des personnes interrogées souhaitent que leurs investissements soient compatibles avec le climat, et 36% estiment que les produits de placement devraient redistribuer le capital – des entreprises polluantes vers celles vraiment durables.

Mais comment faire pression sur les entreprises? «La responsabilité incombe aux gestionnaires d’actifs», affirme Peter Haberstich. Ces derniers auraient une grande influence, car les firmes dépendent du cours de leurs actions.

C’est là que les premières lueurs d’espoir apparaissent. «Les gestionnaires de fonds, comme Black Rock, exercent désormais une influence sur les entreprises», déclare Peter Haberstich. Le rendement ne doit toutefois pas en souffrir: «Des entreprises comme ABB, Mammut, Ikea ou Tschibo prennent de plus en plus au sérieux la protection du climat, tout en parvenant à gérer leurs affaires avec succès.»

Comme les gestionnaires d’actifs ont un impact important, Greenpeace veut maintenant établir un classement, où ceux qui s’engagent le plus pour la protection de l’environnement obtiennent les meilleurs scores. «Des fonds composés uniquement d’actions d’entreprises vraiment durables constitueraient un signal fort, une incitation pour les autres fournisseurs de fonds», estime Peter Haberstich.

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