Actualisé 14.03.2011 à 19:08

Crise en LibyeLes forces de Kadhafi attaquent Zouara

Les forces libyennes fidèles à Mouammar Kadhafi ont attaqué lundi la ville de Zouara, à quelques dizaines de kilomètres seulement de la frontière tunisienne.

Des chars de l'armée libyenne sont entrés lundi à Zouara, ville à l'ouest du pays tenue par les insurgés, alors qu'à l'est, Ajdabiya se préparait à subir un assaut des forces de Mouammar Kadhafi. Les Occidentaux se concertaient toujours pour trouver une issue à la crise.

En fin de journée, les blindés gouvernementaux se dirigeaient vers le centre-ville de Zouara, a dit un témoin par téléphone, Tarek Abdoullah. Zouara est une ville côtière de 40'000 habitants située à 120 km à l'ouest de Tripoli, la capitale.

La plupart de ses habitants ont des origines amazighes (berbères). Le colonel Kadhafi nie l'existence de cette minorité amazighe en Libye et a affirmé à plusieurs reprises que ces tribus avaient «disparu et n'existaient plus».

Toujours dans l'ouest du pays, les rebelles contrôlaient toujours Misrata (150 km à l'est de Tripoli), mais des tirs d'armes automatiques résonnaient aux abords de la ville.

Pour les rebelles, le temps presse

A l'est de la Libye, des bombardements ont visé dans la matinée la sortie ouest d'Ajdabiya, carrefour routier vital entre plusieurs villes de l'Est que les rebelles ont promis de défendre, tandis que de nombreux civils fuyaient la ville.

Benghazi, fief de l'insurrection situé à 160 km au nord d'Ajdabiya, pourrait vite se retrouver menacée, les forces gouvernementales ayant repris l'une après l'autre plusieurs villes aux rebelles, notamment Brega dimanche, à coups d'artillerie lourde et de raids aériens.

Pressés par les rebelles de leur venir en aide et surtout d'empêcher le colonel Kadhafi d'utiliser son aviation, les Occidentaux et les Russes se concertaient lundi lors d'une réunion des chefs de la diplomatie du G8, au sujet notamment de l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne.

En marche vers Benghazi

Mais le temps semble jouer en la défaveur des rebelles, l'armée libyenne annonçant dimanche qu'elle était en marche «pour purger» l'ensemble du pays. La ligne de front se déplace davantage vers l'Est, signe de la détermination du colonel Kadhafi à venir à bout de l'insurrection malgré les protestations et sanctions internationales.

Sur la route entre Ajdabiya et Benghazi, de nombreux civils fuyaient la ville à bord de camionnettes chargées de valises, de sacs et de matelas. A Benghazi, deuxième ville du pays à un millier de kilomètres à l'est de Tripoli, l'euphorie des premières semaines de la révolte a fait place à l'inquiétude, et les regards sont tournés vers l'étranger.

Mais, divisés sur les moyens de mettre un terme à la répression - bombardements, zone d'exclusion aérienne, fourniture d'armes à l'opposition - les Occidentaux sont pris de vitesse par les victoires du régime sur le terrain.

La zone d'exclusion aérienne, réclamée avec force par les rebelles et soutenue par la Ligue arabe, ne semble pas convaincre la Chine ni la Russie, toutes deux membres permanents du Conseil de Sécurité de l'ONU. Moscou a toutefois interdit au dirigeant Mouammar Kadhafi et à sa famille de pénétrer en Russie et d'y mener des opérations financières.

Russie hésitante

Le représentant de la Russie à l'ONU, Vitali Tchourkine, a déclaré que beaucoup de questions restaient sans réponses quant à l'imposition d'une zone d'exclusion aérienne. «Pas seulement sur ce que nous devons faire, mais également sur comment nous devons le faire».

La répression sanglante de l'insurrection a fait des centaines de morts et poussé à la fuite plus de 250.000 personnes. L'armée libyenne a annoncé que les soldats qui ont rejoint les insurgés seront «graciés» s'ils se rendent.

Le colonel Kadhafi a par ailleurs invité des firmes de Chine, de Russie et de l'Inde à venir exploiter du pétrole en Libye, après le départ de la majorité des compagnies étrangères. La Compagnie pétrolière nationale libyenne avait appelé à la reprise du travail affirmant que les ports pétroliers étaient désormais «sûrs» et «opérationnels»

Un responsable d'Al-Qaïda, Abou Yahya al-Libi, a appelé les insurgés à poursuivre leur combat «sans hésitation et sans peur», dans un enregistrement vidéo diffusé dimanche sur des sites islamistes. (ats)

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