Actualisé 24.10.2016 à 01:16

IrakLes forces irakiennes progressent vers Mossoul

L'avancée vers Mossoul est accompagnée d'une tentative de contre-attaque à Kirkouk contre le groupe Etat islamique.

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Keystone
Mossoul fête ce jeudi 14 décembre la victoire sur l'EI. Des milliers de policiers, militaires et une centaine de véhicules blindés ont défilé pour la délivrance et le retour à la vie normale. (14 décembre 2017)

Mossoul fête ce jeudi 14 décembre la victoire sur l'EI. Des milliers de policiers, militaires et une centaine de véhicules blindés ont défilé pour la délivrance et le retour à la vie normale. (14 décembre 2017)

Keystone
Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a annoncé samedi «la fin de la guerre contre l'EI» en Irak. Les forces gouvernementales se battent depuis trois ans pour éliminer le groupe djihadiste Etat islamique (EI) du pays. (Samedi 9 décembre 2017)

Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a annoncé samedi «la fin de la guerre contre l'EI» en Irak. Les forces gouvernementales se battent depuis trois ans pour éliminer le groupe djihadiste Etat islamique (EI) du pays. (Samedi 9 décembre 2017)

AFP

Les forces irakiennes ont progressé dimanche en direction de Mossoul malgré les tireurs embusqués et les explosions de voitures piégées, tout en essayant de contrer les attaques du groupe Etat islamique (EI) à Kirkouk et ailleurs dans le pays.

Quelque 10'000 combattants kurdes, élément clé dans la bataille pour reconquérir Mossoul, la grande ville du nord devenue le dernier bastion de l'EI en Irak, ont avancé pour reprendre aux djihadistes la ville de Bachiqa, au nord-est de Mossoul.

La Turquie a affirmé que les peshmergas avaient requis son aide. Elle a indiqué avoir fourni un soutien avec de l'artillerie, des chars et des mortiers depuis la base de Bachiqa où elle maintient des soldats pour entraîner des forces irakiennes en vue de la prise de Mossoul.

Les déclarations turques interviennent un jour après que le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a rejeté toute participation turque pour reprendre Mossoul.

Pour isoler Raqa

Au delà de Mossoul, les Etats-Unis, qui mènent une coalition internationale antijihadistes, ont indiqué vouloir lancer rapidement une opération parallèle pour déloger l'EI de la ville syrienne de Raqa.

«Nous voulons voir une opération d'isolement (de l'EI) à Raqa dès que possible», a déclaré le chef du Pentagone, Ashton Carter, au cours d'une visite en Irak. «Il y aura une certaine simultanéité dans les deux opérations», a-t-il insisté.

Le secrétaire à la Défense a par ailleurs déclaré que la destruction des capacités de l'EI de planification d'attentats à l'étranger restait «la plus haute priorité de la coalition», soulignant les éliminations récentes de plusieurs dirigeants de l'organisation djihadiste, .

Mossoul et Raqa sont les dernières grandes villes encore contrôlées par l'EI, qui a perdu une bonne partie des localités conquises en Irak et en Syrie lors de son offensive éclair en 2014.

Bataille à Qaraqosh

Outre l'offensive kurde au nord-est de Mossoul, des forces d'élite fédérales se battent au sud-est pour reprendre le contrôle de Qaraqosh, qui était la plus grande ville chrétienne d'Irak.

Sur ces fronts, la progression de l'offensive vers Mossoul est satisfaisante, a jugé samedi le chef militaire de la coalition antijihadistes, le général américain Stephen Townsend.

Mais la résistance des djihadistes «est assez significative», avec l'utilisation des méthodes classiques de l'EI, à savoir «de nombreux engins explosifs, de voitures piégées, et même de quelques missiles anti-char guidés», a-t-il précisé à Bagdad.

Les forces kurdes doivent en principe s'arrêter à une vingtaine de kilomètres de Mossoul.

Même s'ils sont sur la défensive, les djihadistes ont surpris en menant vendredi à Kirkouk, une ville distante de 170 kilomètres de Mossoul, une série de d'attaques meurtrières qui ont fait au moins 46 morts, la plupart des membres des forces de sécurité.

Chaos

Depuis, les forces de sécurité traquent des combattants de l'EI infiltrés dans cette ville sous contrôle kurde. Les dizaines d'assaillants, dont plusieurs kamikazes, ont échoué à prendre le contrôle des principaux bâtiments gouvernementaux mais ont semé le chaos dans cette cité pétrolière et multiethnique.

Au moins 51 djihadistes ont été tués, dont trois dimanche, ont affirmé des responsables locaux.

Des affrontements sporadiques se poursuivent, a indiqué un haut responsable de la sécurité, avec des forces assiégeant des djihadistes armés dans le quartier de Nidaa.

Dans une nouvelle tentative apparente de faire diversion, l'EI a mené une attaque à Routba, un village proche de la frontière jordanienne dans la province occidentale d'Al-Anbar, avec cinq voiture piégées, a indiqué dimanche le chef de l'armée dans la zone. Les assaillants se sont brièvement emparés des bureaux du dirigeant local, mais les forces de sécurité ont rapidement pris le dessus, a-t-il ajouté.

Manque de moyens dans les hôpitaux

Les forces irakiennes et les Kurdes n'ont pas donné de chiffres précis sur leurs pertes depuis le lancement de la bataille de Mossoul lundi, mais un hôpital d'Erbil a indiqué à une équipe de l'AFP manquer de moyens pour traiter les blessés.

«Les équipements médicaux, les médicaments et les médecins spécialistes manquent», a expliqué le docteur Meran, dont l'établissement à Erbil traite aussi les urgences des civils des environs. «Si bientôt il devait y avoir 1000 blessés, nos capacités ne suffiront pas».

Plus de 100 peshmergas blessés ont été accueillis entre jeudi et samedi, a précisé le médecin.

Lors de sa visite en Irak, Ashton Carter s'est félicité de la «complète coordination» entre les forces gouvernementales et les peshmergas dans l'offensive.

Inquiétudes pour les civils

Les responsables militaires américains ont légèrement revu à la hausse le nombre de combattants de l'EI à Mossoul: ils seraient de 3000 à 5000 combattants à l'intérieur de la ville, et de 1000 à 2000 dans ses environs.

Les inquiétudes sont grandes pour les quelque 1,5 million de personnes qui vivent encore à Mossoul, selon l'ONU.

Plusieurs milliers de civils fuyant les combats se sont réfugiés dans des camps pour déplacés au sud de Mossoul. «Plus de 5.000 personnes sont actuellement déplacées et ont besoin d'assistance humanitaire», ont indiqué les Nations unies dimanche.

Les combats se déroulent actuellement dans des zones peu peuplées mais un exode massif est à craindre lorsqu'ils toucheront l'agglomération. Un million de personnes pourraient être déplacées, provoquant une urgence humanitaire sans précédent dans un pays où plus de trois millions de personnes ont déjà été obligées de fuir leurs maisons depuis le début 2014. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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