Syrie: Les forces kurdes chassent l'EI de Kobané
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SyrieLes forces kurdes chassent l'EI de Kobané

Les miliciens kurdes et les soldats de l'armée gouvernementale tentaient samedi de repousser les assauts du groupe Etat islamique dans le nord-est de la Syrie.

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29.06 La ville irakienne de Fallouja a été libérée de l'emprise de l'Etat islamique, mais elle a beaucoup souffert.

29.06 La ville irakienne de Fallouja a été libérée de l'emprise de l'Etat islamique, mais elle a beaucoup souffert.

Osamah Waheeb
31.05 Des jihadistes de l'Etat Islamique proposent des femmes sur le réseau social, pour les forcer à ce qu'ils appellent le «jihad sexuel».

31.05 Des jihadistes de l'Etat Islamique proposent des femmes sur le réseau social, pour les forcer à ce qu'ils appellent le «jihad sexuel».

Keystone/AP
24.05 L'ONU estime qu'il y a environ 50'000 personnes encore à Fallouja et qu'il est «important que les habitants puissent disposer de couloirs sûrs» pour fuir la ville.

24.05 L'ONU estime qu'il y a environ 50'000 personnes encore à Fallouja et qu'il est «important que les habitants puissent disposer de couloirs sûrs» pour fuir la ville.

Thaier Al-sudani

En lançant jeudi un assaut surprise contre cette cité frontalière de la Turquie, les jihadistes s'étaient retranchés dans des immeubles. Ils avaient pris des dizaines de civils en otages, lesquels ont finalement réussi à fuir avec l'aide des forces kurdes, a annoncé l'OSDH.

Les Unités de protection du peuple kurde (YPG), principale force kurde, les en ont chassés, a précisé cette ONG. «Elles ont fait exploser un lycée, dernier endroit où les jihadistes s'étaient retranchés».

Après s'être assurées qu'il n'y avait plus de civils dans le bâtiment, les YPG «ont fait exploser des mines posées autour d'un lycée», a dit via Internet le militant Roudi Mohammad Amine. Il a confirmé le contrôle «total» de Kobané par les forces kurdes.

Jihadistes cachés

Ces dernières ratissent toujours la ville à la recherche de jihadistes qui y seraient cachés, a indiqué l'OSDH. Cette ONG basée à Londres est proche de l'opposition au régime de Bachar al-Assad.

«On ne peut pas parler de défaite de l'EI au vrai sens du terme dans la mesure où ce groupe a réussi à exécuter son plan, qui consistait à commettre un massacre à Kobané», selon le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Offensive meurtrière

Pendant son assaut dans la ville et ses alentours jeudi et vendredi, l'EI a tué 206 civils, un bilan révisé à la hausse par l'OSDH qui a fait état de la découverte de nouveaux cadavres samedi. La plupart ont été abattus par balles. Au moins 300 autres personnes ont été blessées.

Durant les combats à Kobané, 54 jihadistes et 16 combattants kurdes ont été tués, a indiqué l'OSDH. Dix-huit autres jihadistes ont été tués samedi par les frappes de la coalition à 35 km au sud de Kobané.

Nouveau revers

En janvier, après quatre mois de combats sanglants, l'EI avait été chassé de Kobané par les YPG, aidées des raids de la coalition internationale menée par les Etats-Unis. Le groupe EI subissait son premier revers depuis le début en 2013 de son expansion en Syrie.

Plus à l'est, à Hassaké, chef-lieu de la province éponyme frontalière de la Turquie et de l'Irak, les forces kurdes ont rejoint les forces du régime. Elles ont réussi à repousser les jihadistes qui y ont pris jeudi deux quartiers.

L'offensive jihadiste à Hassaké, une ville dont les forces kurdes et les troupes du régime se partagent le contrôle, a fait 120'000 déplacés, soit plus d'un tiers de la population avant 2011, lorsque la guerre civile a éclaté en Syrie. L'OSDH a indiqué par ailleurs que des renforts du gouvernement, en provenance de Deir Ezzor, plus au sud, étaient arrivés à Hassaké.

Erdogan mécontent

Le président Recep Tayyip Erdogan a affiché son mécontentement face à la progression des forces kurdes dans le nord de la Syrie. Il a affirmé que la Turquie ne permettra jamais l'établissement d'un Etat kurde en Syrie, aux portes de la Turquie.

«J'en appelle à la communauté internationale. Quel que soit le prix à payer, nous ne permettrons jamais l'établissement d'un nouvel Etat à notre frontière sud, dans le nord de la Syrie», a dit le président islamo-conservateur vendredi soir, lors d'un dîner de rupture du jeûne de Ramadan.

L'homme fort de Turquie, cité samedi par les médias, a accusé les forces kurdes qui ont progressé face aux jihadistes de l'EI dans plusieurs secteurs proches de la frontière turco-syrienne de «changer la structure démographique» des zones dont elles se sont emparées. (ats)

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