Réforme des retraites: Les Français descendent dans la rue
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Réforme des retraitesLes Français descendent dans la rue

Le gouvernement français affrontait jeudi une nouvelle journée de grèves et de manifestations contre son projet de réforme des retraites.

Les syndicats français ont massivement mobilisé jeudi contre le projet gouvernemental de réforme des retraites. Ils ont dénoncé une réforme «injuste» et salué le plus fort mouvement social de l'année 2010, qui a aussi affecté les liaisons avec la Suisse.

Les syndicats, appuyés par les partis de gauche, refusent cette réforme du système de pension qui repousse l'âge minimal de la retraite de 60 à 62 ans d'ici à 2018, revenant sur un acquis social emblématique des années Mitterrand et suscitant une forte opposition.

La grève était suivie dans les services publics - en particulier l'enseignement - et les transports. La circulation des trains était très perturbée, avec notamment un train à grande vitesse (TGV) sur 2 au départ ou à l'arrivée de Paris et à l'international.

Trafic avec la Suisse

Concernant les liaisons avec la Suisse, tous les TGV de Lausanne vers Paris et cinq de ces trains rapides qui devaient relier Genève à la capitale française ont été supprimés. Les trains reliant Zurich et Bâle à Bruxelles n'ont pas circulé non plus, selon les CFF. En revanche, les TGV entre ces deux villes alémaniques et Paris étaient maintenus.

Le trafic aérien a également été affecté. Plusieurs vols à destination de villes françaises ont été annulés aux aéroports de Genève-Cointrin, de Zurich et de Bâle. Certaines lignes à destination ou en provenance du sud de l'Europe (Espagne, Portugal) ont également été touchées.

Manifestations

Quelque 200 manifestations ont eu lieu dans le pays. A Paris, le défilé a rassemblé 47'000 personnes selon la police, 130'000 selon la CGT, premier syndicat français.

Au total, les syndicats ont estimé avoir nettement amplifié l'opposition à la réforme des retraites en mobilisant selon eux environ deux millions de personnes dans la rue, soit le double de la dernière journée de mobilisation, le 27 mai.

«Il fallait une réaction à la hauteur de la remise en cause des droits à la retraite» et «le moins qu'on puisse dire, c'est que le répondant est au niveau nécessaire», a jugé le patron de la CGT, Bernard Thibault.

«Dès lors que 23 grévistes (les joueurs de l'équipe de France de football) parviennent à modifier l'agenda du président de la République, assez naturellement, on pourrait penser que les responsables syndicaux puissent être reçus», a-t-il persiflé, en référence au rendez-vous improvisé jeudi après-midi entre Nicolas Sarkozy et l'attaquant vedette Thierry Henry.

Sarkozy prêt à des «évolutions»

C'est la quatrième journée de mobilisation en France depuis début 2010 sur l'emploi et les retraites. Le gouvernement considère que le report de l'âge légal de départ à la retraite est la meilleure option pour assurer des besoins de financement estimés à 70 milliards d'euros d'ici 2030.

Nicolas Sarkozy s'est dit prêt à des «évolutions» sur cette réforme clé de la deuxième partie de son mandat présidentiel, avant un débat au Parlement en septembre.

Révélations

Face au gonflement de la dette publique, le gouvernement vient d'annoncer des mesures de rigueur, à un moment où se multiplient les révélations sur le train de vie ou le comportement des ministres, en particulier celui du Travail Eric Woerth.

Alors qu'il procède à cette réforme qui va obliger les Français à travailler plus longtemps, à l'instar de leurs voisins européens, l'ancien ministre du Budget est accusé d'être au centre d'un «conflit d'intérêt» dans le cadre d'une affaire opposant l'héritière du géant des cosmétiques L'Oréal Liliane Bettencourt à sa fille.

Le nom du ministre apparaît dans des écoutes pirates laissant entendre que Mme Bettencourt procédait à de possibles fraudes fiscales et qu'il était au courant car son épouse gère depuis 2007 une partie de la fortune de la femme la plus riche de France.

L'opposition, qui dénonce une «collusion» entre pouvoir et grandes fortunes, a demandé une enquête judiciaire et plusieurs responsables sa démission. (afp)

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