Les frères Tinner restent en détention
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Les frères Tinner restent en détention

Les frères Urs et Marco Tinner, impliqués dans un trafic international de technologie nucléaire avec la Libye, restent en détention.

Le Tribunal fédéral a confirmé une décision en ce sens du Tribunal pénal fédéral de Bellinzone. Pour les juges de Mon-Repos, le fait qu'une bonne partie des documents du dossier aient été détruits sur ordre du Conseil fédéral ne change rien. Les autorités d'instruction pénale sont cependant invités à clore rapidement leur travail.

Urs et Marco Tinner sont en détention depuis respectivement juin et septembre 2005. Il leur est principalement reproché d'avoir été actifs dans un réseau international d'acquisition de technologie nucléaire dirigé par le père de la bombe atomique pakistanaise Abdel Kader Khan. Ils auraient joué un rôle de soutien important dans le programme, aujourd'hui abandonné, visant à doter la Libye d'armes atomiques.

En Suisse, l'enquête porte sur une éventuelle violation des lois sur l'exportation de matériel de guerre et le contrôle des marchandises, ainsi que sur le blanchiment d'argent. En avril 2008, l'Office des juges d'instruction fédéraux avait accepté leur libération sous caution. Le Ministère public de la Confédération avait alors immédiatement recouru auprès du TPF, qui avait conclu qu'ils devaient rester derrière les barreaux.

Dans un arrêt publié vendredi, le TF a confirmé cette décision. Les juges n'ont pas retenu les arguments des frères Tinner. Selon ces derniers, la destruction d'un grand nombre de documents fait que les éléments d'une forte suspicion ne sont plus réunis. Pour le TF, la destruction ne change rien, car le témoignage central à charge d'un homme d'affaires sri-lankais se trouve toujours dans les documents restants. Par ailleurs, la durée de la détention est proportionnée au regard de l'ampleur et de la complexité de la procédure, qui comprend des demandes d'entraide judiciaire dans 16 pays. Il faut aussi tenir compte du fait que les frères Tinner risquent jusqu'à dix ans de peine privative de liberté. (ap)

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