Les frontaliers s'inquiètent d'un Euro qui flambe
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Les frontaliers s'inquiètent d'un Euro qui flambe

L'envolée spectaculaire de l'Euro, commence à inquiéter sérieusement les quelques 40.000 Français de Haute-Savoie et de l'Ain qui viennent travailler en Suisse.

En un peu moins de deux ans, le franc suisse (FS) est passé de 0,65 à 0,60 Euro (soit un Euro = 1,54 FS en janvier 2006 et 1,66FS vendredi), selon le cours officiel. «Le franc suisse a chuté de 12% depuis l'entrée en vigueur de l'Euro, ce qui entraîne une baisse d'autant du pouvoir d'achat s'il n'y a pas eu d'augmentation de salaire», résume Jean-François Besson, secrétaire général du Groupement transfrontalier européen.

«Je perds entre 200 et 250 euros net par mois», constate aujourd'hui Edouard Trilles, serveur depuis une quinzaine d'années à Genève où les salaires sont environ deux fois supérieurs aux salaires français. Sa jeune épouse Margosha, éducatrice dans un foyer de la cité de Calvin, estime avoir «perdu en deux ans 15% de son pouvoir d'achat compte tenu également de l'augmentation des prix notamment pour les transports».

Pour Maurice Besson, retraité de 76 ans, le constat est encore plus sévère: sa retraite a été dévaluée de 30% en 11 ans. Ancien jardinier, il a dû reprendre des activités chez quelques particuliers pour améliorer son ordinaire.

La hausse du cours de l'Euro a également des répercussions chez les commerçants français proches de la frontière où les ressortissants helvétiques avaient coutume de s'approvisionner en denrées moins taxées que dans leur pays. A Saint-Julien-en-Genevois (Haute-Savoie), par exemple, le responsable de la boucherie d'un supermarché constate depuis cet été une baisse d'environ 30% de son chiffre d'affaire.

Les répercussions se font également sentir sur le marché de l'immobilier local, très prisé par les Genevois. «Nous avons une nette stagnation, voire une régression de la demande suisse qui, il y a quelques années, faisait flamber les prix. Pour eux, aujourd'hui, le prix du mètre carré a explosé», déplore Evelyne Legay, agent immobilier à Annecy. En revanche, la revente de véhicules d'occasion suisses en France est en pleine expansion.

Aux inquiétudes monétaires des frontaliers s'ajoutent d'autres facteurs de fragilisation de leur emploi comme l'élargissement de l'offre, l'ouverture des frontières ou encore l'afflux de ressortissants des pays de l'Est très qualifiés et moins exigeants sur les rémunérations. (ap)

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