«Les garçons n'ont plus le monopole de la violence»
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«Les garçons n'ont plus le monopole de la violence»

VAUD – Les bastons entre filles sont devenues plus courantes. Le phénomène inquiète.

Deux bagarres ont éclaté ce week-end. Dimanche, trois filles ont tabassé une passagère de 19 ans, dans un bus à Genève. «Sans aucune raison valable», indique le porte-parole de la police genevoise. Autre agression vendredi, au Collège de Marens à Nyon, où une ado de 15 ans a frappé à coups de pieds et de poings une camarade («20 minutes d'hier). «La dispute a éclaté parce que l'une d'elles n'aurait pas été invitée à un anniversaire», confirme le directeur de l'établissement, qui attend de rencontrer les auteurs avant de les sanctionner.

Ces exemples n'étonnent pas un éducateur de rue. Gérald Magnin, rattaché à l'espace prévention de Morges-Nyon, observe ce phénomène de violence chez les filles depuis trois ans. «Mais c'est plus marqué dans les grandes villes», relève-t-il. De son côté, le porte-parole de la police vaudoise, Jean-Christophe Sauterel, constate une hausse du nombre de femmes impliquées dans les bagarres (40% d'augmentation en quatre ans). Même si le nombre des femmes, auteurs de délits, est stable, il remarque: «Lorsqu'elles sont impliquées dans des actes de violence, c'est de façon extrême. Elles ne donnent pas des claques, mais des coups de pied et coups de poings.» Difficile d'apporter une explication. «Les garçons n'ont plus le monopole de la violence, au même titre qu'ils n'ont plus celui de la cigarette et de l'alcool. C'est peut-être l'aspect pervers de l'égalité entre les deux sexes.»

Sophie Roselli

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