Actualisé 24.03.2016 à 19:24

Equipe de SuisseLes gardiens suisses, un problème de riche

Si Vladimir Petkovic est bien pourvu à un poste, c'est devant le filet de sa Nati. Yann Sommer reste toutefois indéboulonnable.

de
Robin Carrel, Dublin
Yann Sommer est le choix numéro 1 de Vladimir Petkovic. Mais le sélectionneur national a deux autres gardiens de grand talent sous la main en cas de besoin.

Yann Sommer est le choix numéro 1 de Vladimir Petkovic. Mais le sélectionneur national a deux autres gardiens de grand talent sous la main en cas de besoin.

photo: Keystone/Aidan Crawley

Au Borussia Mönchengladbach, l'ancien cerbère du FC Bâle âgé de 27 ans a connu un début de saison très difficile, qui a même chassé de son poste Lucien Favre. Depuis, à l'image de son club, ses statistiques ont repris un peu d'allure, même si elles ne sont pas encore dignes d'un portier de calibre international. Sommer encaisse tout de même un but toutes les 53 minutes, ce qui reste bien trop élevé pour que les «Poulains» puissent s'assurer d'une nouvelle qualification en Champions League, eux qui pointent à six longueurs du Hertha Berlin.

Jamais depuis des lustres, la Suisse n'avait connu une telle génération de portiers. Un excellent, souvent, deux bons en même temps, oui, éventuellement, mais pas trois de grande classe. Car si la place de Sommer devant le but de la Nati lors du prochain Euro ne saurait être remise en cause, un forfait du dernier rempart aux 15 sélections ne serait pas une catastrophe nationale. Derrière lui, en effet, deux autres gardiens de Bundesliga flambent et sont en mesure de le suppléer au gant levé à la moindre défaillance. Il s'agit de Marwin Hitz (28 ans/Augsbourg) et de Roman Bürki (25 ans/Borussia Dortmund).

Deux valeurs sûres

Le premier réalise un exercice en tous points remarquable au sein de «l'autre club bavarois», qui peine pourtant à s'extraire de la zone de danger en championnat. Que ce soit en Europa League - Augsbourg a été éliminé in extremis par Liverpool (0-0; 1-0), au terme d'un 16e de finale lors duquel Hitz a réalisé de nombreux miracles - ou en Bundesliga - si les «Fuggerstädter» ne sont à l'heure actuelle pas barragistes grâce à leur différence de buts, c'est tout sauf un hasard -, l'ancien dernier rempart d'Yverdon est impressionnant chaque week-end. Il se murmure d'ailleurs que certaines formations de Premier League ont coché son nom, dont une entraînée par Jürgen Klopp.

Le second a réussi l'exploit de faire oublier au public du Signal Iduna Park de Dortmund leur chouchou Roman Weidenfeller, au club depuis quatorze ans. Ce dernier doit se contenter de l'Europa League, pendant que le Suisse marque les esprits en championnat et en Coupe. Roman Bürki est arrivé en début de saison du SC Fribourg, qu'il n'avait pas réussi à sauver deux fois de suite de la relégation. Il est ensuite monté en puissance, pour devenir un véritable cauchemar pour les attaquants de Bundesliga. Sa carrure imposante - chaque entraînement de la Nati est un vrai spectacle, pour ça - et sa réactivité sur sa ligne en font un des meilleurs de sa génération.

«C'est un luxe»

En conférence de presse d'avant-match à l'Aviva Stadium de Dublin, Vladimir Petkovic a souri à l'évocation de ce «problème de riche». Et on peut le comprendre, à trois mois d'une aussi importante échéance que l'Euro 2016. «C'est super comme situation, analyse le coach. Avoir 3 ou 4 éléments de ce niveau est une vrai force pour notre équipe.» «C'est une bonne chose, se félicite pour sa part le titulaire du poste. En plus, on a un très bon climat à l'entraînement. Ca nous pousse à être meilleurs et c'est très important. Il y a de la concurrence, c'est sûr. Mais on s'entend bien.»

Au vu de la prestation quatre étoiles de Yann Sommer lors du dernier match de l'équipe de Suisse en Autriche (1-2), Petkovic n'a pas à se torturer l'esprit. Il est juste un peu plus confortablement installé dans ses choix, en voyant les remplaçants potentiels. Comme le dit le sélectionneur lui-même: «c'est un luxe».

Les statistiques

Yann Sommer:

Matches joués: 47

Minutes jouées: 4375

Buts concédés: 77

Buts concédés par match: 1,6

Pourcentage d'arrêts: 63%

Passes réussies: 86%

Marwin Hitz:

Matches joués: 41

Minutes jouées: 3783

Buts concédés: 56

Buts concédés par match: 1,3

Pourcentage d'arrêts: 73%

Passes réussies: 86%

Roman Bürki:

Matches joués: 45

Minutes jouées: 3906

Buts concédés: 35

Buts concédés par match: 0,8

Pourcentage d'arrêts: 73%

Passes réussies: 88%

Stats: Instatscout.com.

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