Actualisé 17.07.2016 à 13:32

Suisse

Les gays se séparent plus souvent que les hétéros

En se basant sur de récentes données de l'Office fédéral de la statistique, la «SonntagsZeitung» affirme que les couples homos sont 4% plus nombreux à se séparer que les hétéros.

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En Suisse, le taux de divorce a fortement augmenté depuis 1970.

En Suisse, le taux de divorce a fortement augmenté depuis 1970.

photo: AFP

En Suisse, le partenariat enregistré a été introduit au niveau national le 1er janvier 2007. Contrairement au mariage, il n'est pas réglé par le Code civil, mais par la loi fédérale sur le partenariat enregistré entre personnes du même sexe (LPart).

Jusqu'à présent, aucun chiffre n'avait encore été publié quant au taux de séparation des couples de même sexe, écrit ce dimanche la «SonntagsZeitung». Or, de récentes données de l'Office fédéral de la statistique (OFS) montrent: les couples homos sont plus nombreux à se séparer que les hétéros. Ainsi, entre 2007 et 2015, le taux de divorce pour les couples de sexe opposé est de 5,8%. Pour les gays, il est de 9,8%. Sur les 8008 partenariats enregistrés recensés depuis 2007, pas moins de 784 ont été dissolus.

Les enfants et la religion seraient en cause

Selon le dominical, les chiffres suisses correspondent à ceux récoltés dans d'autres pays. Une étude suédoise, réalisée entre 1995 et 2002, montre ainsi que la probabilité de se séparer après cinq ans est de 20% chez les couples gays, de 30% chez les lesbiennes et de 13% chez les hétérosexuels.

En Suisse, ce phénomène n'a pour l'heure quasiment pas été étudié. Interrogé par la «SonntagsZeitung», Klaus Preisner, sociologue à l'Uni de Zurich, suppose: «Les investissements communs sont très importants. Ils permettent de renforcer la stabilité d'un couple. Avoir un enfant est l'investissement commun le plus significatif qui puisse exister. Or, les couples mariés sont plus nombreux à avoir un enfant que les couples inscrits dans un partenariat enregistré.» Selon l'expert, la religion peut livrer un deuxième élément de réponse. Comme les relations homosexuelles sont souvent moins basées sur la religion, il est plus facile pour ces personnes de se séparer, soupçonne-t-il.

Homos et hétéros pas égaux

Gina Potarca, sociologue à l'Université de Lausanne, a une autre explication. «Le taux de séparation plus élevé chez les personnes de même sexe s'explique par le fait qu'en Suisse il n'existe pas de véritable mariage pour les couples gays. Un vrai mariage permettrait aux homosexuels et aux lesbiennes de mieux définir leur rôle en tant que partenaire et de leur garantir davantage de sécurité», estime-t-elle. Selon l'experte, un mariage pour tous contribuerait à rendre les relations homosexuelles plus stables.

Malgré les chiffres présentés par l'OFS, le directeur de Pink Cross, Bastian Baumann, a de la peine à croire que les homosexuels se séparent plus souvent que les hétéros. Selon lui, c'est même l'inverse qui se passerait. Il cite ainsi une récente étude britannique qui démontre que les couples de même sexe se séparent moins souvent. Sur son site, Pink Cross ajoute: «La durée moyenne d'un mariage en Suisse est de 15 ans. Or, la durée de comparaison prise en compte par l'article en est de 8 ans.»

Les différences entre le mariage et le partenariat en cas de séparation

De manière générale, un partenariat enregistré peut être dissolu plus facilement qu'un mariage. Pour les couples de même sexe, c'est avant tout la séparation des biens qui s'applique et non pas la participation aux acquêts comme lors d'un mariage. S'ajoute le fait que la loi fédérale sur le partenariat enregistré ne prévoit que très rarement des contributions d'entretien pour les enfant. Pour finir, la dissolution d'un partenariat enregistré sans le consentement du conjoint est possible après un an. Ce délai est de deux ans pour les couples mariés.

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