Actualisé 21.07.2015 à 14:43

KenyaLes gays? Un «non-sujet», selon le président

Uhuru Kenyatta a estimé mardi devant la presse que les droits des homosexuels dans son pays étaient «un non-sujet» au regard de la visite de Barack Obama en fin de semaine.

«En tant que pays, en tant que continent, nous sommes confrontés à des problèmes bien plus sérieux, que nous voulons aborder avec les États-Unis et plus généralement avec l'ensemble de nos partenaires», a affirmé M. Kenyatta.

«En tant que pays, en tant que continent, nous sommes confrontés à des problèmes bien plus sérieux, que nous voulons aborder avec les États-Unis et plus généralement avec l'ensemble de nos partenaires», a affirmé M. Kenyatta.

Interrogé sur la question des droits des homosexuels à l'issue d'une conférence de presse à Nairobi, le président Kenyatta a déclaré mardi: «C'est un non-sujet pour les habitants de ce pays et ce n'est très clairement pas au programme» de nos discussions avec le président Obama. Le chef de l'Etat a également assuré que son vice-président William Ruto, toujours en procès devant la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye (Pays-Bas) pour crimes contre l'humanité, rencontrera le président américain.

«En tant que pays, en tant que continent, nous sommes confrontés à des problèmes bien plus sérieux, que nous voulons aborder avec les États-Unis et plus généralement avec l'ensemble de nos partenaires», a poursuivi M. Kenyatta.

La visite du président Obama au Kenya, la terre de ses ancêtres, a longtemps été empêchée par l'inculpation du président Kenyatta par la CPI, en raison de son rôle présumé dans les violences post-électorales fin 2007-début 2008.

«Nous le rencontrerons tous»

Ces poursuites ont été abandonnées en décembre, à cause de l'obstruction du gouvernement kényan, selon la procureure de la CPI, ouvrant la voie à une visite présidentielle. «Sans aucun doute, il (Obama) vient pour rencontrer le gouvernement en place, et ça inclut chacun d'entre nous», a déclaré à des journalistes M. Kenyatta, en présence de William Ruto. «Nous le rencontrerons tous», a-t-il insisté.

En mai, William Ruto avait affirmé à l'occasion d'une messe que l'homosexualité n'avait pas sa place au Kenya, où elle est punie par la loi depuis la colonisation britannique. Dans les faits, elle est toutefois rarement sanctionnée par des arrestations ou des poursuites judiciaires mais un groupe de parlementaires essaie d'obtenir une application plus stricte de la loi. Pour le président kényan, «la pauvreté, un meilleur système de santé pour la population, une meilleure éducation, un meilleur réseau routier, une meilleure sécurité, voilà nos vraies priorités».

«La lutte contre le terrorisme sera centrale (dans nos discussions), nous avons travaillé en étroite coopération avec les agences (de sécurité) américaines», a-t-il ajouté. Le Kenya a été le théâtre depuis plusieurs mois d'une série d'attaques meurtrières revendiquées par les shebab, un groupe islamiste radical somalien. Les troupes kényanes sont intervenues en Somalie en 2011 pour lutter contre les insurgés. Elles ont depuis intégré les rangs de la force de l'Union africaine en Somalie (Amisom).

(afp)

Les couples homosexuels doivent pouvoir conclure une union civile

Si les Etats européens ne sont pas tenus d'ouvrir le mariage aux couples homosexuels, ils doivent au minimum instaurer une forme de partenariat civil pour les gays et lesbiennes, a jugé mardi la Cour européenne des droits de l'homme. Les juges européens avaient été saisis par trois couples gays italiens, qui se sont battus en vain devant les tribunaux de leur pays pour avoir le droit de se marier, et qui se plaignaient de ne pas pouvoir non plus conclure une union civile, sous quelque forme que ce soit.

La CEDH leur a donné raison: elle a estimé que la législation italienne actuelle ne leur permettait pas de répondre aux «besoins essentiels relatifs à un couple engagé dans une relation stable», une situation qui selon elle contrevient à leur droit à une vie privée et familiale.

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