Actualisé 15.12.2015 à 13:36

MédicamentsLes génériques sont deux fois plus chers en Suisse

Les assureurs s'insurgent sur le prix élevé des médicaments dont le brevet est échu.

Les génériques coûtent moins chers à l'étranger.

Les génériques coûtent moins chers à l'étranger.

Les médicaments génériques sont environ deux fois plus chers ( 89%) en Suisse qu'à l'étranger, selon la comparaison effectuée par Interpharma et Santésuisse. Les principaux médicaments protégés coûtent 11% de plus en moyenne.

Les deux organisations ont passé en revue 190 médicaments brevetés générant les plus gros chiffres d'affaires et présenté leurs résultats en conférence de presse mardi à Berne. Pour Thomas Cueni, secrétaire général d'Interpharma (association des entreprises pharmaceutiques suisses), cette différence de 11% est avant tout imputable au renchérissement du franc et au nombre de pays comparés, qui a augmenté.

L'étude, réalisée en septembre, se base sur un taux de change CHF/EUR de 1,2. «Lors de la dernière comparaison, en novembre 2014 sur la base d«un taux de change de 1,29, le prix suisse des médicaments protégés était identique à la moyenne des pays de comparaison», souligne M. Cueni.

Cependant, si l'on se réfère au taux de change moyen des douze derniers mois, comme le propose la faîtière des assureurs Santésuisse, la différence est plus conséquente: les produits brevetés coûtent près de 19% plus chers en Suisse que dans les neuf pays de comparaison.

Economies potentielles

Pour les médicaments qui ne sont plus protégés et les génériques, environ 250 substances actives ont été examinées. Appliquant le taux de change de 1,2 utilisé par l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), l'étude montre que les produits ne bénéficiant plus d'un brevet sont 12% plus chers qu'à l'étranger. Les génériques coûtent eux 89% de plus, soit près du double.

Directrice de Santésuisse, Verena Nold est préoccupée par ces prix «excessifs». Pour promouvoir les génériques, en plus d'un système de prix fixe, elle propose de supprimer les barrières d'entrée sur le marché et les entraves commerciales, de délivrer rapidement les autorisations, de désigner «de manière transparente» les substances actives dont le brevet est échu et de réduire les marges commerciales.

Le potentiel d'économie dépasserait un milliard de francs, d'après Mme Nold, ce qui correspond à 4% de baisse des primes, soit en moyenne 125 francs par an et par assuré, selon les chiffres avancés par Santésuisse. «Il n«est pas normal que les assurés doivent payer autant», s'insurge Verena Nold.

Liberté de prescrire

En volume, la part de marché des médicaments génériques en Suisse est de 17%, alors qu'elle se situe à environ 80% au Royaume-Uni et en Allemagne. Mais d'après Interpharma, dont les industries membres ne produisent qu'une faible partie des génériques vendus sur le marché suisse, la généralisation de ce type de médicaments ne représenterait pas la panacée.

«On ne peut pas mener une politique de génériques comme en Allemagne», explique M. Cueni à l'ats. Ils souligne les coûts plus élevés que suppose la distribution de génériques en Suisse, les entreprises devant proposer toutes les formes, doses et tailles d'emballages, de même qu'une notice en trois langues.

Le secrétaire général d'Interpharma insiste aussi sur la liberté de prescrire du médecin, quels que soient les coûts, «qui est importante et qui, en Suisse, nous est chère».

Protection des consommateurs

Il s'agit de la septième comparaison effectuée par Santésuisse et Interpharma. Les prix d'usine ont été comparés avec ceux d'Allemagne, d'Autriche, de Belgique, du Danemark, de Finlande, de France, de Grande-Bretagne, des Pays-Bas et de Suède.

Réagissant à la présentation des résultats, la SKS (pendant alémanique de la Fédération romande des consommateurs - FRC) a critiqué dans un communiqué le prix des médicaments suisses «injustifié», qui ne respecte pas le principe d'économicité ancré dans la loi. Elle demande à l'OFSP de fixer les prix conformément à la législation, faisant valoir une économie potentielle de 1,2 milliard de francs.

En octobre, la FRC demandait de promouvoir l«utilisation des génériques, notamment en généralisant la prescription de la substance active au lieu du médicament original. Dans un communiqué diffusé mardi, la faîtière des fabricants de génériques Intergenerika insiste aussi sur une augmentation de la part de marché des substituts en vue de faire des économies. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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