Actualisé 22.05.2020 à 17:03

Solidarité

Les Genevois se pressent pour offrir de la nourriture

De nombreux donateurs privés affluaient vendredi à la patinoire des Vernets pour offrir des vivres en vue de la distribution d’aide alimentaire du samedi.

1 / 6
Les bénévoles écoutent les dernières indications d’un responsable de la Caravane de la solidarité avant de remplir les sacs.

Les bénévoles écoutent les dernières indications d’un responsable de la Caravane de la solidarité avant de remplir les sacs.

KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI
Chaque donateur est remercié avec une petite carte signée Chapatte.

Chaque donateur est remercié avec une petite carte signée Chapatte.

KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI
Les sacs remplis sont entreposés dans les gradins de la patinoire.

Les sacs remplis sont entreposés dans les gradins de la patinoire.

KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

Les Genevois affluaient vendredi à la patinoire des Vernets transformée depuis début mai en centre logistique pour la distribution d’aide alimentaire du samedi. Ces donateurs privés ont tous été choqués par les images de queue interminable pour un sac de nourriture. «C’est la troisième fois que l’on vient», explique un couple. Ces deux personnes ont fait appel à leurs amis pour récolter de l’argent. Il y en a pour 3000 francs de nourriture et de biens de première nécessité dans le coffre de leur 4x4.

Ils ont été acheter ces denrées dans la grande surface voisine. Les bénévoles ne prennent pas d’argent sur place, seulement des biens en nature. «Nous ne sommes pas ignorants de la pauvreté, mais nous n’avions jamais vu ça», explique l’homme. Le couple insiste sur le choc des images en refermant le coffre du véhicule.

Le flux de voitures est incessant. Les livraisons sont bien organisées dans ce dépose-minute de la solidarité. Les véhicules sont dirigés par des bénévoles bien visibles en gilets orange. Dès que la voiture s’arrête, le contenu du coffre est déchargé et réparti selon la catégorie de la marchandise. Les bénévoles, tous masqués, transpirent sous le soleil.

D’autres personnes arrivent à pied en tirant un caddie ou à vélo. Une dame âgée, qui rentre de ses courses, dépose deux paquets de pâtes ainsi que des biscuits. «Je ne pouvais pas porter plus, mais je voulais faire quelque chose», explique-t-elle. Elle est chaleureusement remerciée par les bénévoles. Chaque don est important.

Gradins garnis

A l’intérieur de la patinoire, la logistique est bien rodée. Les marchandises sont déposées sur des tables disposées en deux lignes parallèles. Au bout, les produits d’hygiène, suivis de l’huile, des pâtes ou encore du riz. Le dispositif s’étend dans tout le hall d’entrée. Une fois remplis, les sacs sont entreposés dans les gradins.

La réception de la marchandise a débuté déjà jeudi et s’est poursuivie toute la journée de vendredi. Les premiers sacs ont été remplis en début d’après-midi. La centaine de bénévoles termine tard dans la nuit. Parmi eux, Marietta, qui est au chômage partiel. «Je voulais faire quelque chose d’utile», explique-t-elle en empilant des paquets de pâtes.

Des limites

Samedi dernier, 2600 sacs ont été distribués. Le chiffre devrait être à peu près similaire ce samedi, selon Charlemagne Hernandez, vice-président de la Caravane de la solidarité, l’association à l’origine de cette initiative. Cette opération de distribution alimentaire a pris une telle ampleur qu’elle devient difficilement gérable, explique-t-il.

L’association ne peut pas continuer cette opération dans ces conditions, ajoute M.Hernandez. Elle veut ainsi céder la gestion de la distribution alimentaire à d’autres. Des discussions sont en cours avec la Ville de Genève, indique-t-il. La Caravane de la Solidarité devrait rester aux Vernets jusqu’à la fin du mois.

Patience

Mais pour l’instant, ce chef d’orchestre est à la manœuvre. Il oriente les bénévoles, explique inlassablement où va chaque produit et règle les imprévus. Il faut par exemple dénicher du scotch pour des paquets de sucre qui ont lâché ou trouver une solution pour des lapins en chocolat beaucoup trop grands pour rentrer dans les sacs.

Tout sera prêt pour samedi matin à 9h00 à l’ouverture des portes. Et comme chaque samedi depuis début mai, la queue s’étirera sur plus d’un kilomètre. Dans cette file masquée, de nombreux clandestins actifs dans l’économie domestique et dont les revenus ont subitement fondu avec la crise sanitaire.

(ATS/NXP)
Trouvé des erreurs?Dites-nous où!