Festival de La Bâtie: «Les Genevois sont peu présents à leur festival»
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Festival de La Bâtie«Les Genevois sont peu présents à leur festival»

Les musiciens locaux sont quasi
absents de la 32e édition du festival de La Bâtie, qui débute vendredi. La programmatrice répond.

«Pour un festival qui se dit genevois, les groupes de la région sont très peu représentés», constate le membre d'une formation rock du bout du lac. Si la Ville subventionne «son» festival à hauteur de 900 000 fr., cela implique-t-il pour autant une omniprésence de la culture musicale locale?

«Il y a plusieurs critères de sélection des artistes au festival de La Bâtie, rétorque sa programmatrice musicale, la Lausannoise Dominique Saudan. D'abord la disponibilité et la visibilité. J'ai tenté d'éviter les groupes qui ont déjà écumé nombre de festivals estivaux. C'est le cas de pas mal de formations genevoises. Par ailleurs, il s'agit de trouver des salles adaptées à chaque prestation et de créer des collaborations ponctuelles.»

Insistant sur le fait qu'il n'y a «aucune ségrégation» dans le choix de ses artistes, Dominique Saudan avoue cependant avoir voulu surfer sur l'esprit d'ouverture et de métissage qui font la réputation du canton: «Le mélange d'artistes genevois programmés, parce qu'il y en a, et d'artistes internationaux ouvre les frontières à un public très varié, explique-t-elle. Il a fallu, par ailleurs, réintégrer la musique dans un festival qui l'avait presque oubliée dans ses deux précédentes éditions.»

«Les anciens ne s'y retrouvent pas, reprend le rocker genevois. En 1977, la première édition du festival de La Bâtie, qui se tenait dans le bois du même nom, proposait une sorte de catalogue de la scène musicale locale. Cet esprit a totalement disparu», assène-t-il.

Shahïn Ammane

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