Actualisé 01.12.2017 à 13:34

Flambée du cours du BitcoinLes gens investissent à «leurs risques et périls»

Le gouverneur de la Banque de France a alerté vendredi à Pékin sur le caractère spéculatif du bitcoin. Il a nié qu'il s'agissait d'une monnaie ou même d'une cryptomonnaie.

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Le bitcoin, qu'est-ce que c'est?
Le bitcoin, qu'est-ce que c'est?

Le bitcoin est une monnaie électronique reposant sur un système d'échange de données hautement sécurisé.

AFP
A quoi ça sert?
A quoi ça sert?

Le bitcoin permet des paiements et des achats en ligne principalement. Mais l'économie réelle y succombe toujours plus. Le site coinmap.org permet de voir quelles entreprises ou services acceptent le paiement en bitcoin.

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Combien ça vaut?
Combien ça vaut?

La valeur du bitcoin dépend de l'offre et de la demande. Un bitcoin vaut actuellement environ 500 francs, mais il peut être divisé en très petites quantités, jusqu'à 0,00000001 bitcoin.

Keystone

«Il ne doit pas y avoir d'ambiguïté: le bitcoin n'est en rien une monnaie, ou même une cryptomonnaie», a affirmé le gouverneur François Villeroy de Galhau lors d'une intervention à l'occasion du Forum financier franco-chinois à Pékin. «C'est un actif spéculatif. Sa valeur et sa forte volatilité ne correspondent à aucun sous-jacent économique et ne sont la responsabilité de personne», a-t-il ajouté. M. Villeroy de Galhau a rappelé que «ceux qui investissent en bitcoin le font totalement à leurs risques et périls».

«Monnaie du crime»

Le bitcoin conserve une réputation sulfureuse de «monnaie du crime», associée à la drogue, au trafic d'armes, à la pédophilie.

«C'est le moyen de paiement principal sur le darkweb», cet ensemble de sites cryptés échappant aux moteurs de recherche traditionnels, explique à l'AFP le colonel Nicolas Duvinage, chef du centre de lutte contre les criminalités numériques de la gendarmerie nationale.

Il note l'utilisation croissante du bitcoin pour «blanchir des fonds d'origine délictueuse» et «pour les extorsions en ligne». Le 12 mai 2017, le monde a ainsi subi une cyberattaque sans précédent, affectant 300'000 ordinateurs dans 150 pays. L'attaque était lancée via «WannaCry», virus qui verrouille les fichiers des utilisateurs, leur réclamant 300 dollars (275 euros) pour en recouvrer l'usage. La rançon était payable en bitcoin.

Nicolas Houy, chargé de recherches au CNRS et spécialiste de la devise virtuelle, appelle pourtant à balayer «le fantasme et le folklore» autour du bitcoin. «Ce n'est pas une devise anonyme, c'est une devise sous pseudonyme. Si des enquêteurs identifient une adresse, ils peuvent remonter toutes les transactions, pour toujours», explique-t-il.

En juillet, les gendarmes français ont annoncé avoir, pour la première fois en Europe, démantelé un trafic présumé de bitcoins.

Le cours du bitcoin s'est envolé cette semaine et a battu des records en franchissant la barre des 11'000 dollars l'unité - avant de redescendre sous les 10'000 dollars -, non sans avoir vu sa valeur multipliée par dix en moins d'un an, suscitant un intérêt des investisseurs mais aussi des craintes de bulle spéculative. (20 minutes/ats/afp)

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