Couleurs cancérigènes - «Les gens se ruent sur les encres de tattoos, comme sur le PQ pendant le Covid!»
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Couleurs cancérigènesL’avenir est sombre pour des tatoueurs privés de couleur

Une nouvelle réglementation européenne, qui entrera en vigueur dans deux mois, interdit certaines encres, considérées comme toxiques. Si la Suisse examine la question, les artistes qui se fournissent à l’étranger craignent l’impact de cette nouvelle loi.

Le tatouage en couleur pourrait bientôt broyer du noir. Dans quelques semaines, une nouvelle réglementation européenne va interdire certaines substances considérées comme toxiques dans les encres. Quelque vingt-cinq pigments rouges, orange et jaunes seront officiellement illicites dans les 30 pays européens, rapportait «Le Matin Dimanche» il y a quelques jours.

Aucune interdiction en Suisse

Si cette loi européenne veut faire disparaitre de nombreuses encres au motif qu’elles seraient cancérigènes, les autorités suisses n’ont formulé aucune interdiction en la matière. «La Suisse examine actuellement ce nouveau règlement et, si nécessaire, adaptera l'Ordonnance suisse en conséquence dans le cadre du processus de révision en cours», ajoute la porte-parole de l’OSAV, Estelle Hain. Cette dernière rappelle que, dans notre pays, les exigences légales relatives aux tatouages et aux encres de maquillage permanent sont établies depuis plusieurs années.

Mais les tatoueurs suisses risquent tout de même de subir les conséquences de cette interdiction et de voir les possibilités se réduire. Notamment parce que certains artistes travaillent avec des fournisseurs européens. Et le coût enflerait si les tatoueurs allaient acheter la marchandise plus loin. Pour l’heure, les alternatives se font attendre.

Pas encore de solutions

«Les fournisseurs sont dépassés. Les marques disent être en train d’imaginer des encres qui colleront aux normes européennes, mais on n’a pas de date concrète», confie la tatoueuse Amy Mymouse de Montreux (VD). Avant d’ajouter: «Même maintenant, c’est compliqué de trouver certaines couleurs. Les gens se ruent sur les encres de tattoos, comme sur le papier toilette pendant le Covid!»

Les soucis pour les professionnels de l’aiguille ne vont pas s’arrêter là. La nouvelle réglementation prévoit en effet un deuxième volet d’interdictions pour 2023; celui-ci concerne le bleu et le vert de phtalocyanine, pigments qui servent à créer de nombreuses couleurs. Et les encres noires pourraient, elles aussi, être menacées. Fabien Pletscher n’est, lui, pas inquiet. Egalement en activité sur la Riviera, ce tatoueur est convaincu que l’interdiction finira par gagner aussi la Suisse, mais que «d’ici là, les fabricants auront trouvé des solutions».

(lvb)

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