Suisse - «Les gens vont réaliser que l’e-sport est un vrai truc»
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Suisse «Les gens vont réaliser que l’e-sport est un vrai truc»

L’explosion des compétitions de gaming menace-t-elle à terme le sport traditionnel? Débat entre deux experts.

Ancien international suisse de football, Daniel Gygax (39 ans) décrypte les parallèles entre le sport professionnel et l’e-sport dans une discussion à bâtons rompus avec Remo Blaser, commentateur de la Swisscom Hero League.

L’e-sport est-il un sport comme les autres?
Remo Blaser: Ça dépend de la définition du sport, que j’associe à l’activité physique. Dans le gaming, le rythme cardiaque et les réactions du corps sont semblables à ceux d'un sportif de haut niveau.
Daniel Gygax: Quand je vois à quelle vitesse ça va et qu’il faut être concentré pendant plusieurs heures avec la même pression que dans les sports traditionnels… il faut savoir gérer, sinon on va dans le mur.

Le football va-t-il disparaître au profit de l’e-sport?
Gygax: Aussi longtemps que des jeunes voudront pratiquer ce sport en étant passionnés et qu’il y aura du foot à la télé avec le Mondial ou l’Euro, je pense que le foot existera encore dans dix ou cent ans et suscitera toujours l’enthousiasme général.
Blaser: Je ne pense pas qu’un quelconque sport traditionnel disparaîtra de sitôt.

Des jeux comme «CS:GO» sont-ils trop violents?
Gygax: Je le vois avec mes enfants quand on prend un peu de recul, le côté tactique est certes au premier plan, mais c'est quand même assez brutal. Il faut toujours juger où s'arrête la tactique et où commence la violence. On est vite sur le fil du rasoir.
Blaser: Oui, il faut protéger les enfants. Je ne recommanderais pas «CS» pour un enfant. Certainement pas. Mais à partir d'un certain âge, on peut prendre ses propres décisions. Je pense alors que ça ne devrait plus être un problème.

Que dire aux gamers qui veulent faire une carrière dans l’e-sport?
Gygax: Quand j’étais jeune, je disais à mon professeur que je voulais devenir footballeur. «Oui, mais tu dois faire un vrai métier», m’avait-il répondu. Et quelques années plus tard, je suis devenu un footballeur. Je vois donc des parallèles avec la vitesse à laquelle se développe la scène e-sport. Et les gens vont se rendre compte que c’est un vrai truc.
Blaser: Ma conclusion est que le sport et l’e-sport ont beaucoup en commun.

Cet article a été écrit en collaboration avec la Swisscom Hero League.

(mey)

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