28.06.2020 à 19:25

Inde

«Les George Floyd de l’Inde sont beaucoup trop nombreux»

La mort d’un père et de son fils, victimes de tortures policières après leur arrestation, selon leur famille, a suscité en Inde une vague d’indignation contre les violences policières.

L’Inde se mobilise. La mort d’un père et de son fils, victimes de tortures policières après leur arrestation, selon leur famille, a suscité une vague d’indignation contre la brutalité des forces de l’ordre. Certains font le parallèle avec le meurtre aux États-Unis de George Floyd. Une pétition pour obtenir justice a été lancée sur le réseau social Twitter.

Ils meurent quelques jours après leur arrestation

J. Jayaraj, 58 ans, et Bennicks Immanuel, 31 ans, avaient été arrêtés le 19 juin dans l’État du Tamil Nadu (sud), accusés d’avoir laissé ouvert leur commerce après l’heure légale, malgré le confinement en vigueur lié à la pandémie de coronavirus. Ils sont décédés quelques jours plus tard à l’hôpital, selon des sources officielles. Leur famille accuse les policiers de violences sur eux et affirme qu’ils souffraient d’hémorragies rectales.

Deux policiers impliqués dans leur arrestation ont été suspendus, selon le gouvernement de l’État.

La mort des deux hommes dans la petite ville de Sathankulam a provoqué une vague de protestations dans l’État, où les commerçants ont déclenché une grève mercredi.

«Les coupables ne doivent pas rester impunis», a tweeté samedi la star de Bollywood, Priyanka Chopra Jonas.

La même justice que pour George Floyd

«Nous demandons la même justice comme l’avons fait pour George Floyd», a déclaré de son côté l’actrice Krystle D’Souza.

L’avocat et militant Jignesh Mevani a écrit que les «George Floyd de l’Inde sont beaucoup trop nombreux».

Afro-Américain de 46 ans, George Floyd, a été tué par un policier blanc à Minneapolis le 25 mai, déclenchant des émeutes aux États-Unis et une vague d’indignation internationale.

Selon un rapport de la Commission nationale des droits de l’homme, 3146 personnes sont mortes dans les locaux de la police indienne en 2017-2018. Selon la même source, la police affirme souvent qu’il s’agit de suicides ou de morts naturelles.

«La violence et la torture dans les locaux de la police (…) sont devenues quasiment routinières», accuse l’organisation. Selon des militants des droits humains, les condamnations de policiers sont extrêmement rares.

(AFP)

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