Les gifles à la maison dopent la violence dans les préaux
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Les gifles à la maison dopent la violence dans les préaux

ZURICH – Pour endiguer l'agressivité à l'école, il faut aussi éduquer les parents. Mais le programme mis sur pied à Zurich a fait un flop.

La violence n'attend pas le nombre des années: elle frappe dès le début de l'école primaire. Près de 10% des élèves de première brutalisent régulièrement leurs petits camarades, observe le criminologue zurichois Manuel Eisner, professeur aux Universités de Cambridge et de Zurich.

Pour endiguer cette violence, la Ville et le canton de Zurich ont lancé en 2004 un programme destiné à développer les compétences éducatives des parents. Ce projet pilote s'est achevé hier et ne sera pas reconduit. Les cours gratuits proposés dans cinq langues ont fait un flop: seul un quart des parents ont participé à un cours au moins. Or les effets de cette formation ne se font sentir qu'au bout de trois ou quatre séances. Parmi les moins assidus figuraient les personnes de langue étrangère et au niveau de formation le plus modeste. Au fil des cours, les participants avaient moins tendance à crier ou à donner des claques, et l'ambiance en famille s'était améliorée. Trois facteurs qui ont une influence déterminante sur l'évolution de l'enfant, selon les chercheurs. Un constat que partage Philippe Lavanchy, chef du Service vaudois de la protection de la jeunesse (SPJ): «Il y a une corrélation entre la façon d'exprimer son désaccord en famille et à l'école.» Même s'il n'existe pas de projet équivalent dans le canton de Vaud, le SPJ cherche lui aussi à réhabiliter les compétences des parents.

(phf/ats)

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