Actualisé 14.03.2011 à 08:29

Cataclysme au Japon

Les gratte-ciel se sont révélés très résistants

Les gratte-ciel des grandes villes japonaises se sont montrés fort résistants grâce à des dispositifs parasismiques exceptionels.

Les gratte-ciel de Tokyo, de Sendai et des autres métropoles japonaises frappées par le violent séisme de vendredi ont tangué pendant de longues minutes, mais ont résisté, grâce à des dispositifs parasismiques exceptionnels et des normes draconiennes de construction.

Violemment secoués par le plus puissant tremblement de terre enregistré dans l'archipel, d'une magnitude de 8,9, tous les grands édifices de la capitale et des villes du nord-est du Japon sont restés debout.

La Tokyo Sky Tree, une tour-émettrice en construction dans l'est de la capitale, a tenu bon, malgré sa hauteur qui dépasse déjà les 600 mètres.

Progrès prodigieux

Ni miracle, ni effet du hasard, cette incroyable capacité à ne pas rompre prouve les progrès prodigieux accomplis en moins de deux décennies par les Japonais, passés maîtres des techniques antisismiques.

Tout comme le grand tremblement de terre de Tokyo de 1923, qui avait poussé des industriels à concevoir des nouveaux outils d'information, la tragédie de Kobe (ouest), qui a fait plus de 6.400 morts en 1995, a marqué un tournant.

Les dispositifs parasismiques étaient encore insuffisants, bien que le Japon ait été le premier pays qui, durant l'ère Meiji (1868-1912), avait inscrit la parasismologie au registre des recherches scientifiques.

Cette catastrophe, à laquelle la population n'était pas préparée, a accéléré la prise de conscience des autorités, entreprises et citoyens, sur l'absolue nécessité de mettre en oeuvre des moyens plus sophistiqués.

Dans les dix ans qui ont suivi Kobe, le nombre de nouvelles édifications antisismiques a considérablement augmenté et les immeubles existants ont commencé à être massivement rénovés selon des techniques plus sûres.

Toutes les infrastructures sont concernées.

Kobe a permis d'apprendre

«Nous avons beaucoup appris de l'analyse des dégâts à Kobe», confirme dans une étude Satoru Saito, expert au cabinet de recherche Nomura.

Lors des tremblements de terre, les édifices se déforment, au risque de rompre. Plus ils sont hauts, plus la distorsion est importante. Les systèmes d'isolation, placés entre les fondations et les structures élevées, permettent d'atténuer ou d'empêcher ces altérations.

Verins et ressorts

Désormais montés sur vérins, sur ressorts, sur rails ou roulements à billes, trempés dans une cuve pleine d'eau, soutenus par des amortisseurs ou haubans, ou reposant sur d'imposants «boudins» en caoutchouc, les immeubles nippons qui défient la nature par leur hauteur, répondent à des normes draconiennes, durcies à chaque évolution technologique.

Outre des dispositifs passifs (qui réagissent en fonction des secousses de façon naturelle) et d'autres actifs (mis en mouvement mécanique par un système informatique d'analyse de la situation), des bétons spéciaux ont été développés ainsi que de nombreuses solutions permettant de réduire les coûts de la mise à niveau des bâtiments, sans les évacuer ni les démolir.

Savoir-faire dans la fabrication

«Le savoir-faire entretenu en matière de monotsukuri (fabrication de choses) et la diversité du tissu industriel japonais ont beaucoup contribué à ces progrès», note M. Saito.

Exemples: les boudins de caoutchouc sont une spécialité du premier pneumaticien nippon, Bridgestone, tandis que les amortisseurs sont issus de techniques employées dans l'automobile et en partie manufacturés par les mêmes équipementiers.

Toutefois, le Japon, où se produisent plus de 20% des séismes les plus violents enregistrés annuellement dans le monde, reste quand même à la merci d'un drame.

Il le redoute d'ailleurs, du fait de l'inadaptation de nombreuses maisons individuelles, en zones semi-urbaines et rurales notamment, et de l'ancienneté de bâtiments publics parfois érigés à la hâte en banlieue dans les années 1960.

(afp)

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