Actualisé 06.07.2015 à 08:01

Référendum en GrèceLes Grecs défient l'UE en votant massivement «non»

Les Grecs ont défié dimanche l'Europe, en rejetant massivement le référendum sur le plan des créanciers internationaux de leur pays.

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Le résultat du scrutin pose désormais la question du maintien de la Grèce dans la zone euro et accentue le fossé avec les «institutions». Le «non» l'a emporté avec 61,31%, contre» 38,69% crédités au «oui», indiquent les résultats définitifs fournis par le ministère grec de l'intérieur. Selon un sondage diffusé par la chaîne de télévision Antenna, 67% des bulletins de vote «non» ont été glissés par des jeunes âgés de 18 à 34 ans. Le taux de participation a atteint 62,5%.

La totalité des districts électoraux ont majoritairement voté en faveur du «non», sans exception. Cette victoire étonnamment nette a déjoué les récents sondages qui prévoyaient une issue beaucoup plus serrée.

Alors que des milliers de partisans du non manifestaient bruyamment leur joie à Athènes, Berlin, d'un côté, et Paris et Rome, de l'autre, ne semblaient pas en phase sur la réaction à apporter. Le gouvernement grec faisait mine, lui, de ne voir aucun problème à son retour dès lundi à la table des négociations.

Sommet de la zone euro mardi

La chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande étaient néanmoins «d'accord» pour dire qu'il fallait «respecter le vote» des Grecs. Ils ont appelé à un sommet de la zone euro, qui aura lieu mardi à 18h00 à Bruxelles. La Commission européenne disait aussi «respecter le résultat» du référendum.

Alors que Mme Merkel est restée silencieuse, le ministre allemand de l'économie, Sigmar Gabriel, a jugé «difficilement imaginables» de nouvelles négociations avec Athènes dans ces circonstances. Il a même considéré que le premier ministre grec de gauche radicale Alexis Tsipras avait «coupé les derniers ponts» entre son pays et l'Union européenne.

Le chef de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a quant à lui estimé le résultat du vote «très regrettable pour l'avenir de la Grèce». Le ministre slovaque des finances Peter Kazimir affirmait pour sa part que, désormais, une sortie de la Grèce de la zone euro était «un scénario réaliste».

Tsipras veut un front national

Mais M. Tsipras a assuré à ses compatriotes que le résultat du référendum ne marquait pas du tout «une rupture avec l'Europe», mais au contraire «un renforcement du pouvoir de négociation» de son gouvernement. Il a déclaré que «cette fois la dette serait sur la table» de ces négociations.

Le chef du gouvernement a rencontré dans la soirée le président Prokopis Pavlopoulos. Il lui a demandé de convoquer une réunion des dirigeants des différentes formations politiques afin de constituer «un front national fort» dans les négociations à venir.

Appuyant le premier ministre grec, Paris et Rome ont envisagé dimanche matin la reprise des discussions même en cas de non, par les voix du président du Conseil italien Matteo Renzi et du ministre français de l'Economie Emmanuel Macron.

M. Hollande s'est entretenu après la votation avec M. Tsipras, et doit recevoir lundi soir à Paris Mme Merkel «pour évaluer les conséquences du référendum en Grèce» avant le sommet européen.

(ats)

L'euro limite son repli

Sur les marchés financiers, l'euro limitait son repli et remontait au-dessus de 1,1 dollar lundi dans les premiers échanges en Asie, après être tombé à 1,0963 dollar dans la foulée du résultat du vote grec. Face au franc, la monnaie unique, après une forte baisse, se stabilisait vers 1,042 franc vers 05h00.

L'incertitude sur la suite des événements est totale. La Grèce n'a plus d'argent, ses banques sont fermées depuis une semaine, et fragilisées par les retraits massifs récents de Grecs anxieux de cette situation.

Selon le porte-parole du gouvernement, la Banque de Grèce devait envoyer dès dimanche soir une demande à la BCE, car il y a, selon lui, «des arguments solides pour faire remonter (le plafond de) l'ELA», l'aide d'urgence aux banques grecques.

Le conseil des gouverneurs doit se réunir lundi. Mais sans perspective d'accord d'Athènes avec ses créanciers, «la BCE n'a pas de base pour continuer à envoyer des euros à Athènes», estimait Holger Schmieding, économiste de Berenberg.

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