Actualisé 06.05.2016 à 17:55

GrèceLes Grecs sont en grève générale

Cette grève intervient avant le vote de réformes visant à augmenter les rentrées fiscales et réduire les dépenses consacrées aux retraites.

1 / 8
La Parlement grec a adopté dimanche sa réforme contestée des retraites. Elle prévoit  la réduction des retraites les plus élevées, la fusion des multiples caisses d'assurance, l'augmentation des cotisations, des taxes et de l'imposition surtout pour les moyens et hauts revenus. (dimanche 8 mai 2016)

La Parlement grec a adopté dimanche sa réforme contestée des retraites. Elle prévoit la réduction des retraites les plus élevées, la fusion des multiples caisses d'assurance, l'augmentation des cotisations, des taxes et de l'imposition surtout pour les moyens et hauts revenus. (dimanche 8 mai 2016)

Keystone
Tous les partis de l'opposition, dont la droite de la Nouvelle Démocratie ont vainement voté contre ce texte, contesté par les syndicats. Le déblocage d'une nouvelle tranche d'aide à la Grèce était conditionné à cette réforme par les créanciers de la Grèce. ( 8 mai 2016)

Tous les partis de l'opposition, dont la droite de la Nouvelle Démocratie ont vainement voté contre ce texte, contesté par les syndicats. Le déblocage d'une nouvelle tranche d'aide à la Grèce était conditionné à cette réforme par les créanciers de la Grèce. ( 8 mai 2016)

AFP
Les syndicats avaient appelé à manifester pour s'opposer à la réforme. Des heurts ont éclaté peu avant le vote entre la police et des manifestants devant le Parlement. (8 mai 2016)

Les syndicats avaient appelé à manifester pour s'opposer à la réforme. Des heurts ont éclaté peu avant le vote entre la police et des manifestants devant le Parlement. (8 mai 2016)

AFP

Les Grecs ont entamé vendredi une grève générale de 48 heures. Ils protestent contre deux projets de loi sur la réforme des retraites et des impôts que le Parlement devrait voter dimanche soir, à la veille d'une réunion des ministres des finances de la zone euro.

La Grèce a un besoin urgent de liquidités pour rembourser environ cinq milliards d'euros de dette arrivant à échéance d'ici à la mi-juillet. Elle espère ainsi convaincre ses partenaires européens qu'elle est capable de tenir ses engagements budgétaires.

Vendredi matin, les bateaux sont restés au port, les transports publics étaient fortement perturbés et les bâtiments publics fermés au début de ce mouvement social, auquel se sont aussi joints les journalistes. Le trafic aérien était normal cependant.

Des milliers de manifestants

Le secteur public fonctionnait au ralenti et la majorité des médias ne diffusaient pas d'informations. Le syndicat Pame, proche du parti communiste, a ouvert le bal des manifestations. Il a rassemblé 7000 personnes dans le centre d'Athènes, suivi quelques heures plus tard par plus d'un millier de personnes à l'appel des centrales du secteur privé GSEE et du public Adedy.

Des manifestations sont également prévues samedi. Le point culminant du mouvement est prévu pour dimanche: les syndicats ont déjà annoncé des rassemblements pour fêter la journée du 1er mai, qui n'a pas été célébrée en Grèce dimanche dernier en raison de la pâque orthodoxe.

Le GSEE a qualifié les réformes examinées au Parlement de «dernier clou dans le cercueil» des travailleurs et des retraités qui ont déjà payé le tribut le plus lourd à six années d'austérité.

Le gouvernement et le Parlement «essaient de prouver à l'Eurogroupe qu'ils sont de bons élèves, mais ils détruisent le système de sécurité sociale de la Grèce», a déclaré un dirigeant du GSEE en évoquant la réunion de lundi à Bruxelles.

Tsipras mobilise ses troupes

Une commission parlementaire a commencé jeudi à examiner les projets de loi qui visent à augmenter les rentrées fiscales et à réduire les dépenses consacrées aux retraites, qui représentent actuellement 17% du produit intérieur brut (PIB).

Devant les députés de son parti Syriza (gauche), le premier ministre Alexis Tsipras a à nouveau défendu vendredi les impopulaires mesures prévues, arguant qu'elles épargneraient les plus défavorisés, au nom de la «justice sociale». Il a réaffirmé que réformer les retraites était indispensable pour empêcher «le système de s'effondrer dans quelques années».

Le vote devait initialement avoir lieu la semaine prochaine. En l'organisant dès ce week-end, en pleine fin de vacances pascales, le gouvernement, qui ne dispose que d'une majorité de 153 députés sur 300, espère que l'adoption de cette réforme avant la réunion de l'Eurogroupe contribuera à décider ses pairs à conclure la première évaluation de la mise en oeuvre du plan d'aide, et à ouvrir enfin le débat sur l'épineuse question du règlement de la dette.

Divergences persistantes

Pour Panayiotis Petrakis, professeur de l'Economie à l'université d'Athènes, la mobilisation observée vendredi ne menace pas l'adoption de ces lois. «La réforme sera adoptée et c'est un bon choix d'obtenir ce vote avant l'Eurogroupe», a-t-il déclaré.

«Mais on n'est toujours pas sûr d'obtenir une conclusion lundi», selon lui. «La distance entre Athènes et ses créanciers, qui exigent des mesures supplémentaires de 3,6 milliards d'euros reste importante», estime-t-il. D'autant que les créanciers ne semblent pas tous sur la même longueur d'onde.

Selon une lettre adressée aux grands argentiers de la zone euro et publiée vendredi dans le Financial Times, la directrice du FMI Christine Lagarde fait pression sur l'UE pour ouvrir la discussion sur la dette. Elle souligne aussi la nécessité d'une révision à la baisse de l'objectif d'un excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) de 3,5% du PIB pour 2018, jugé «contreproductif» par le Fonds et entraînant des mesures supplémentaires. (nxp/ats)

(NewsXpress)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!