Les Guatémaltèques votent pour élire un nouveau président
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Les Guatémaltèques votent pour élire un nouveau président

Guatemala - Un social-démocrate et un néo-libéral favoris.

Les favoris sont selon les sondages Alvaro Colom, qui propose un virage social-démocrate, et le général à la retraite Otto Perez, qui représente la continuité néo- libérale.

Rigoberta Menchu, militante de la lutte pour les droits des indiens et prix Nobel de la Paix 1992, était en revanche donnée perdante avec moins de 5% des intentions de vote.

Les bureaux de vote ont ouvert à 07h00 (15h00 suisses) et devaient fermer à 18h00. Les résultats n'étaient pas attendus avant la soirée. Six millions de Guatémaltèques étaient appelés à voter pour élire le président, mais aussi renouveler le Congrès, élire les maires et les députés siégeant au parlement centraméricain.

Colom en tête des sondages

Les derniers sondages donnaient une légère avance à Alvaro Colom pour succéder au président actuel, le conservateur Oscar Berger. La dernière enquête publiée vendredi créditait M. Colom de 34% des intentions de vote, avec 7,9 points d'avance sur le candidat du Parti Patriote (PP), Otto Perez (26%). Le candidat du parti au pouvoir, Alejandro Giammattei, obtenait 13,3%.

Le social-démocrate Alvaro Colom, chef d'entreprise âgé de 56 ans, se présente pour la troisième fois à l'élection présidentielle à la tête de l'Union Nationale de l'Espérance (UNE). En 1999, il était arrivé en troisième position et en 2003, il avait atteint le second tour.

Passé militaire trouble

Le candidat conservateur Otto Perez, 56 ans, surnommé le «général de la paix» pour avoir négocié et signé les accords scellant la fin de la guerre civile (1960-1996), promet une grande fermeté contre la corruption, les trafiquants de drogue et les Maras, les gangs armés d'Amérique centrale.

Ses détracteurs disent que lorsqu'il dirigeait l'état-major présidentiel, un corps d'élite de l'armée a été responsable pendant la guerre civile de nombreuses exécutions sommaires et d'enlèvements.

Les questions de l'insécurité et de la violence ont été au coeur de la campagne électorale. Celle-ci a d'ailleurs été marquée par une cinquantaine d'assassinats de militants ou de candidats à des mandats municipaux, visant notamment les partis de M. Colom et de Mme Menchu.

Rigoberta Menchu à la traîne

L'un des événements de l'élection présidentielle était la candidature de Rigoberta Menchu. Mais cette ancienne femme de ménage de 48 ans, militante de la lutte pour les droits des indiens, qui constituent 60% de la population, n'a pas réussi à s'affirmer dans l'arène politique.

Rigoberta Menchu a fondé son parti, Winaq, et s'est alliée avec un parti de centre-gauche, Rencontre avec le Guatemala (EG), pour remettre en cause le pouvoir hégémonique de la minorité européenne, détentrice des leviers économiques et politiques.

Mais Mme Menchu, membre de l'ethnie quiché, n'est pas très populaire chez les autres peuples indiens du Guatemala, entre lesquels existent de nombreuses rivalités.

Les deux candidats arrivés en tête dimanche participeront au second tour le 4 novembre. Ils convoitent un mandat de quatre ans non renouvelable.

SDA/ATS

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