Genève: Les habitants des Pâquis se prennent en main
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GenèveLes habitants des Pâquis se prennent en main

Pour remédier aux incivilités qui se répètent quotidiennement dans le quartier du centre-ville de Genève, trois associations invitent les habitants à proposer leurs solutions lors d'une journée de débats.

par
tpi

«Il faut que les habitants se prennent en mains, on ne peut pas tout demander aux autorités», annonce Alain Riesen, membre de l'Association des habitants des Pâquis (SURVAP), coorganisatrice de la journée «Bien vivre aux Pâquis», agendée à samedi prochain. C'est donc forte de ce constat que la SURVAP, en collaboration avec Espace Solidaire Pâquis et la Fondation de l'Entre-Connaissance, invite tous les habitants et les commerçants du quartier à venir trouver ensemble des solutions aux problèmes qui les touchent.

Le sentiment d'insécurité reste une préoccupation centrale dans l'esprit des gens, reconnaissent les organisateurs de la journée, qui ont déjà recueilli les doléances de 120 habitants via une questionnaire distribué ces dernières semaines. Mais ils estiment qu'il est la conséquence d'une multitude de maux, et non la cause première des problèmes que connaissent les Pâquis.

Les nuisances sonores provoquées par une vie nocturne hypertrophiée, des loyers qui prennent l'ascenseur et un trafic routier trop dense sont en effet autant de soucis récurrents qui minent la vie du quartier et qui poussent de plus en plus d'habitants à le quitter, déplore Pierre Fuchs, autre membre de la SURVAP. La réintroduction de patrouilles de proximité anti-bruit, abandonnées en 2002, est ainsi l'une des demandes formulées par les associations.

La journée de samedi se veut la première étape d'une réflexion en profondeur sur comment mieux vivre ensemble aux Pâquis. Un coup d'essai dont sont exclus les représentants des pouvoirs publics. Les organisateurs veulent effectivement voir des solutions émerger de la base, pour constituer un dossier qui sera ensuite transmis à la Ville et au canton afin d'amorcer le dialogue.

«On entend beaucoup de choses sur les Pâquis»

Dans la rue, les idées préconçues côtoient une réalité pas toujours simple. «Je n'habite pas le quartier, mais je viens toujours avec un peu d'appréhension, reconnaît un passant interrogé à la rue de Neuchâtel. Je n'ai jamais eu de problème ici, mais on entend beaucoup de chose sur les Pâquis.»

Un sentiment auquel fait écho l'expérience de certains commerçants du coin. «On n'a pas peur, mais c'est pas facile de travailler dans ces conditions», témoigne l'un d'entre eux, qui s'est installé dernièrement dans le quartier et dont la vitrine a déjà subi des déprédations.

«On ne veut pas la mort du quartier, on ne veut pas l'aseptiser, rassure enfin Guy Valance, un troisième membre de la SURVAP, qui anticipe certaines craintes exprimées par les habitants. On veut faire des Pâquis un lieu vivant, festif, mais respectueux.»

«C’est une grave dérive»

Thème central des élections cantonales de l’automne dernier, la sécurité aux Pâquis semble avoir depuis déserté le débat politique. «Une fois le scrutin passé, les politiques ont laissé tomber», s’insurge Alain Riesen. Les membres de la SURVAP reconnaissent toutefois que certains efforts ont été fournis par les autorités en matière de sécurité. Mais ils les estiment encore insuffisants.

En revanche, ils refusent de faire appel à des sociétés privées pour sécuriser leur quartier, comme l’ont fait par deux fois certains commerçants des Pâquis en novembre 2009. «C’est une grave dérive, dénonce même Guy Valance. Nous voulons une police de proximité, officielle.»

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