Actualisé 07.05.2016 à 01:06

SantéLes habitudes de sommeil traquées dans le monde

Un groupe de chercheurs a utilisé une application pour smartphone.

Illustration.

Illustration.

photo: Reuters

Une application pour smartphones a permis à des chercheurs américains de traquer les habitudes de sommeil dans le monde et de mieux cerner le rôle joué respectivement par les pressions de la société et les rythmes biologiques, selon une étude publiée vendredi.

Ils ont pu examiner comment l'âge, le sexe et la quantité de lumière naturelle à laquelle on est exposé affectent la durée du sommeil dans 100 pays en déterminant quand les personnes vont se coucher et se réveillent.

Ces travaux publiés vendredi dans la revue Science Advances ont ainsi permis de montrer comment les pressions de la vie sociale affectent les rythmes circadiens, notre horloge interne, le plus souvent au moment d'aller se coucher.

Déficit lié à l'heure du coucher

«Il semblerait que la société et ses stimulations déterminent surtout l'heure du coucher et que l'horloge interne du corps fixe l'heure du réveil», même si les obligations professionnelles, les enfants et l'école jouent aussi un rôle, explique Daniel Forger, un mathématicien de l'université du Michigan (Nord), un des co-auteurs de cette recherche.

Celui-ci a également constaté que le déficit de sommeil est davantage lié à l'heure à laquelle on se couche.

Ces mêmes scientifiques ont utilisé l'application de téléphone mobile gratuite «Entrain», qu'ils ont lancée en 2014 pour aider les voyageurs à s'adapter au décalage horaire.

Ils ont pu de cette manière recueillir un grand nombre de données sur les habitudes de sommeil de milliers de personnes partout dans le monde.

Exposition à la lumière

«Entrain» est un programme personnalisé d'exposition à la lumière pour aider à s'adapter rapidement à un nouveau fuseau horaire en jouant sur les rythmes circadiens.

Notre «horloge biologique», de la taille d'un grain de riz et qui contient 20'000 neurones, est située derrière les yeux. Elle est réglée en fonction de la quantité de lumière que nous captons, surtout la lumière naturelle.

Ces chercheurs ont calculé que la durée moyenne de sommeil dans le monde varie d'un minimum de 07 heures et 24 minutes à Singapour et au Japon, à un maximum de 08 H 12 min aux Pays Bas.

Le manque chronique de sommeil accroît l'hypertension

Cette différence de 48 minutes paraît peu mais un manque de sommeil d'une demi-heure peut avoir des effets considérables sur les fonctions cognitives et la santé, soulignent les chercheurs.

Selon un récent rapport des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC), un adulte américain sur trois ne dort pas le minimum de sept heures recommandé.

Un manque chronique de sommeil accroît le risque d'obésité, de diabète, d'hypertension et de maladies cardiovasculaires, soulignent les CDC.

Ces chercheurs pointent aussi le fait que les personnes en manque de sommeil subissent une diminution de leurs capacités cognitives sans vraiment en être conscientes.

Les femmes dorment plus

Cette étude indique en outre que les hommes d'âge moyen dorment le moins longtemps et n'ont pas le minimum requis de sept à huit heures de sommeil par nuit.

Les femmes dorment en revanche trente minutes de plus que les hommes en moyenne, allant se coucher plus tôt et se levant plus tard.

Enfin, les personnes exposées plus longtemps à la lumière naturelle quotidiennement vont souvent se coucher plus tôt. (nxp/afp)

(NewsXpress)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!