Actualisé 19.01.2010 à 14:49

Témoignage depuis Port-au-Prince

«Les Haïtiens ont une capacité à survivre qui est extraordinaire»

Une semaine après le tremblement de terre qui a ravagé Haïti, la situation humanitaire reste extrêmement préoccupante sur l'île, même si la vie reprend lentement ses droits. Témoignage du porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

de
Thomas Piffaretti

Les morts se comptent par milliers. Selon certains observateurs, le bilan humain du tremblement de terre qui a frappé Haïti pourrait même approcher celui du tsunami de 2004 en Asie du sud-est, qui avait fait plus de 200'000 victimes.

Une semaine après le séisme, les conditions de vie sur l'île restent ainsi extrêmement difficiles et les besoins des habitants énormes, malgré les efforts des secours. Joint par téléphone, Simon Schorno, porte-parole du CICR actuellement à Port-au-Prince, témoigne.

20 minutes online: Quelle est la situation actuelle dans la capitale haïtienne?

Simon Schorno: La situation est catastrophique, notamment au regard du nombre des victimes. Les conditions sanitaires sont dramatiques: l'accès aux soins primaires, à l'eau et à une nourriture bon marché est insuffisant. Et c'est encore le chaos en ville. Des centaines de milliers de personnes dorment dans la rue, dans les parcs ou les jardins. Rien que devant le CICR, ce sont 3'000 personnes qui se sont installées. Ça vous donne une idée.

Les secours sont-ils suffisamment organisés pour être efficaces?

On est encore loin d'une situation normale. Au CICR, nous avons pu acheminer pas mal de matériel et depuis trois jours, on distribue de l'eau à 15'000 personnes. C'est encore trop peu par rapport aux besoins, mais les efforts humanitaires sont là.

Les conditions de sécurité sont-elles suffisantes pour permettre aux secours de faire leur travaille?

Il ne faut pas se leurrer, la sécurité est un problème. Hier, lundi, nous avons dû arrêter une distribution de nourriture parce qu'autant la sécurité des humanitaires que des bénéficiaires n'était plus assurée. Mais les gens souffrent, ils sont sous pression. C'est donc normal qu'il y ait des tensions.

Dans quel état d'esprit trouvez-vous les Haïtiens?

Je les trouve extrêmement forts. Ils ont une capacité à survivre qui est extraordinaire. Et si la détresse se mêle à l'espoir, on voit la vie reprendre à plein de niveaux. Des enfants jouent dans la rue et certains habitants ouvrent des commerces de fortune. Reste que l'impression de conditions de vies difficiles continue de prédominer, avec les pillards et les brigades qui circulent dans les quartiers de la ville.

Quand, selon vous, la situation pourrait-elle revenir à la normale?

En ce qui nous concerne, nous ne faisons pas de prédictions. On est encore dans l'urgence et je pense de toute façon qu'il est trop difficile, actuellement, d'avancer un pronostic.

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