France - Les cyberharceleurs de Mila écopent de 4 à 6 mois de prison
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FranceLes harceleurs de Mila écopent de 4 à 6 mois de prison

Les jeunes reconnus coupables d’avoir généré un raz-de-marée numérique de haine à l’encontre de l’adolescente d’alors 16 ans, sont condamnés.


Mila, aujourd’hui 18 ans, et son avocat Richard Malka.


Mila, aujourd’hui 18 ans, et son avocat Richard Malka.

AFP

«Qu'elle crève». «Tu mérites de te faire égorger sale pute». Ou encore «que quelqu'un lui broie le crâne par pitié» sont quelques-uns des 100’000 messages reçus par Mila, une adolescente de 16 ans et demi, à l’automne 2020, en réponse à sa vidéo postée en ligne dans laquelle elle critiquait l’islam «dans les strictes limites de la liberté d’expression» avait toutefois rappelé le procureur.

Le tribunal correctionnel de Paris a prononcé ce mercredi des peines de 4 à 6 mois de prison avec sursis contre 11 jeunes gens jugés pour avoir participé au cyberharcèlement de Mila, après la publication par l’adolescente d’une vidéo polémique sur l’islam. Un des jeunes prévenus a bénéficié d’un vice de procédure et un dernier a été relaxé, faute de preuves. Mais la peine est exemplaire puisque le tribunal a rejeté la demande de non inscription au casier judiciaire.

Rappel de l’affaire Mila en vidéo.

«On a gagné et on gagnera encore. Je ne veux plus jamais qu’on fasse culpabiliser les victimes», a affirmé Mila à la sortie du tribunal. Plusieurs prévenus ont été condamnés en outre à verser à la jeune femme la somme de 1’500 euros en raison des souffrances qu’elle a endurées et à 1’000 euros chacun pour les frais d’avocats. «Nous vous considérons responsables des dommages causés à Mila», a souligné le président de la 10e chambre correctionnelle, Michaël Humbert, en rendant son jugement. «Le réseau social, c’est la rue. Quand vous croisez quelqu’un dans la rue, on s’interdirait d’insulter quelqu’un, de le menacer, de se moquer. Ce que vous ne faites pas dans la rue, ne le faites pas sur les réseaux sociaux», a insisté le magistrat.

100’00 messages haineux

A l’audience, le parquet avait requis des peines de prison avec sursis contre douze des prévenus et sollicité la relaxe d’un treizième. Les onze jeunes gens condamnés, âgés de 18 à 29 ans, étaient jugés pour avoir diffusé quelques-uns des milliers de messages de haine et des menaces de mort contre Mila. L’adolescente, alors âgée de 16 ans et demi, avait en janvier 2020 répondu à des injures sur les réseaux sociaux sur son orientation sexuelle par le biais d’une vidéo véhémente sur l’islam mais «dans les strictes limites» de la liberté d’expression, selon le procureur.

Cible d’un «raz-de-marée de haine», Mila avait été contrainte de quitter son lycée et de vivre sous protection policière. Elle s’était attirée une nouvelle salve de menaces après la publication d’une seconde vidéo polémique, le 14 novembre, dans laquelle elle lançait: «et dernière chose, surveillez votre pote Allah, s’il vous plaît. Parce que mes doigts dans son trou du cul, j’les ai toujours pas sortis». Mila a reçu, selon son avocat Richard Malka, quelque «100’000 messages» haineux.

Loi récente

Ce procès était l’un des tous premiers sur la base de l’infraction de cyberharcèlement créée par une loi de 2018.

Depuis 2018, un total de 7374 infractions pour cyberharcèlement ont été enregistrées par les forces de l’ordre, selon la ministre.

(AFP)

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