Tribunal pénal fédéral: Les Hells Angels, des accusés peu diserts

Actualisé

Tribunal pénal fédéralLes Hells Angels, des accusés peu diserts

Le procès de trois Hells Angels zurichois et de leur ex-président a repris mardi devant le Tribunal pénal fédéral (TPF). Les accusés ont contesté en grande partie les faits qui leur sont reprochés.

Des Hells Angels font face à la justice suisse.

Des Hells Angels font face à la justice suisse.

En octobre dernier, les juges de Bellinzone avaient ajourné la procédure lors du premier jour d'audience, estimant que le dossier présenté par le Ministère public de la Confédération (MPC) présentait trop de carences. Ils avaient exigé du MPC de présenter ses moyens de preuves de façon complète et dans un ordre compréhensible.

Cette nouvelle audience s'est déroulée sous le regard d'une dizaine de membres du fameux club de motards venus dans le chef-lieu tessinois pour l'occasion. L'ex-président des Hells Angels zurichois, principal accusé, a refusé de répondre à pratiquement toutes les questions, se bornant à qualifier les accusations du MPC de «Scheissdreck».

Les trois autres motards n'ont eux participé qu'à une partie des délits. Ils n'en ont pas moins contesté la plupart ou affirmé ne pas s'en souvenir. Seul un des protagonistes a concédé avoir participé à un transport de chanvre.

«Or vert»

La procureure Lucienne Fauquex a qualifié d'»or vert» le cannabis cultivé, apprêté et vendu par les accusés dans la région d'Aarberg (BE), 600 kilos environ, selon l'acte d'accusation.

Plus d'une centaines de conversations téléphoniques attestent qu'il s'agissait de leur principale activité lucrative, selon elle. Elle poursuivra son réquisitoire mercredi.

Procédure dégonflée

Lancée avec fracas, la procédure engagée contre les motards s'était dégonflée. Fin 2010, après plus de six ans d'enquête, le MPC avait annoncé qu'il renonçait à les poursuivre pour formation d'une organisation criminelle. Le principal accusé n'est aujourd'hui plus membre du club de motards.

Les durs à cuire répondent de tentative de chantage et d'infractions à la loi sur les stupéfiants. Ils sont aussi accusés d'une tentative de séquestration et de préparation de brigandage. On leur reproche enfin une tentative de braquage contre un transport de fonds, qui aurait dû avoir lieu en décembre 2003 dans la région de Zurich.

L'ex-boss du club de motards aurait aussi exercé des pressions sur un gérant de maison close pour lui soutirer de l'argent en échange d'un service de protection.

D'après la défense, le Ministère public de la Confédération aurait fondé son accusation sur des preuves obtenues illégalement. Parmi les moyens de preuve visés figurent des écoutes téléphoniques et des documents provenant de caméras de surveillance. Trois jours d'audience sont prévus. Le verdict est attendu le 18 septembre.

(ats)

Ton opinion