Actualisé 27.05.2009 à 09:33

Fonds monétaire internationalLes Helvètes au secours des états pauvres

La Suisse doit participer aux efforts du FMI pour aider plus généreusement les pays pauvres à affronter la crise.

Malgré les pressions sur la place financière helvétique, le Conseil des Etats a accepté mercredi un coup de pouce extraordinaire de 12,5 milliards de francs.

La mise à disposition par la Suisse de ces 10 milliards de dollars pour le Fonds monétaire international (FMI) a passé la rampe par 28 voix contre 4 et 5 abstentions. Comme le ministre des finances Hans-Rudolf Merz, la majorité a estimé qu'il est dans l'intérêt de la Suisse, en tant que place financière et économique de premier ordre, de se joindre au mouvement.

«Il ne s'agit pas de simple altruisme», a souligné Dick Marty (PLR/TI) au nom de la commission. D'une part, la Suisse est un pays exportateur sans ressources naturelles. Elle est donc tributaire de ce qui se passe dans le reste du monde. Ce geste permettra à la Confédération, d'autre part, de consolider sa position au sein des instances exécutives du FMI et de continuer à exercer son influence, a fait valoir M. Marty.

Les voix les plus critiques sont venues des deux extrémités de l'échiquier politique. Le Vert vaudois Luc Recordon a fait part de son scepticisme quant aux activités du FMI et à l'impact réel de la Suisse dans l'institution basée à Washington.

G20 critiqué

L'UDC s'en est prise, elle, au G20, qui a plaidé pour la hausse des moyens du FMI. «Le G20 n'inclut pas la Suisse. Ces problèmes financiers doivent donc être résolus sans la Suisse», a martelé le Glaronais This Jenny, dénonçant les pressions de cette instance informelle sur le secret bancaire. L'Argovien Maximilian Reimann a exigé que la Suisse formule une réserve conditionnant cette rallonge à sa participation au G20.

Le crédit extraordinaire doit permettre au FMI de soutenir ses membres victimes de la crise. L'organisation a estimé qu'elle aurait besoin d'augmenter ses ressources d'au moins 250 milliards de dollars pour pouvoir apporter un appui adéquat aux pays émergents menacés par une rapide dégradation de leur situation.

«Le FMI est certes une institution perfectible, mais absolument nécessaire dans le contexte actuel», a insisté Dick Marty. Et de rappeler que l'organisation a toujours restitué entièrement les prêts qui lui ont été accordés.

Risque faible

L'enveloppe de 10 milliards de dollars promise par Berne ne sera libérée et prêtée que si les moyens du FMI deviennent effectivement insuffisants. Dans ce cas, la Banque nationale suisse disposera d'une créance rémunérée aux conditions du marché. Le risque de défaillance sur ce prêt garanti par la Confédération est jugé faible.

Dans la foulée, le Conseil des Etats a approuvé le prolongement jusqu'en 2013 d'un crédit-cadre de 2,5 milliards de francs destiné à financer des mesures d'aide monétaire à des organisations internationales ou des Etats. Il a soutenu ce volet du paquet par 31 voix et 5 abstentions.

Le National devrait se prononcer cet automne.

(ats)

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