ski alpin: Les «Himalayan Rockets» en route pour Vancouver
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ski alpinLes «Himalayan Rockets» en route pour Vancouver

Créateur de la Fédération népalaise, Richard Morley est de
la race des bienfaiteurs idéalistes. «20 minutes» l'a rencontré.

par
Marc Fragnière
Val d’Isère

S'il est un destin anonyme qui mérite d'être relaté, c'est bien celui de Richard Morley. A 55 ans, l'homme d'affaires anglo-allemand en fait bien quinze de plus. A lui seul, son visage raviné en dit long sur une trajectoire atypique.

Alors patron d'une chaîne hôtelière internationale, il est victime d'une embolie pulmonaire lors d'une expédition sur l'Annapurna, dans ses jeunes années. Le sherpa qui l'accompagne est un policier. «Il a couru trois jours pour aller chercher de l'aide. Lorsque l'hélicoptère est arrivé, une semaine plus tard, j'étais rétabli», se remémore-t-il.

Touché par tant de compassion, celui qui se définit comme un citoyen du monde entend récompenser son bienfaiteur. Malade, celui-ci refuse son argent mais lui demande de veiller sur son fils s'il devait décéder. Ce sera le cas trois ans plus tard. Revenu au Népal pour les funérailles, Richard Morley tient promesse: il embarque le gamin en Angleterre afin de lui apprendre l'anglais. Après sept ans de bataille juridique et un hôtel vendu pour les frais, Morley peut enfin adopter Jayaram.

Quelques péripéties plus tard, le roi népalais Birendra approchera l'idéaliste pour lui demander ce qu'il peut faire pour son pays. «Je ne voulais pas me faire de l'argent sur le dos d'un pays du tiers-monde, alors j'ai proposé d'investir dans le sport», explique-t-il. L'histoire était dès lors lancée. Engagé en 2002 dans le 10 km de fonds, Jayaram deviendra ainsi le premier Népalais à participer à des Jeux olympiques. Ce jeudi, trois Népalais prendront part aux qualifications du géant avec, dans le viseur, les JO de Vancouver 2010.

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