27.08.2020 à 20:47

GenèveLes identitaires du bout du lac optent pour la dissolution

Le collectif Kalvingrad Patriote a annoncé sur les réseaux sociaux son choix de mettre fin à ses activités.

de
Jérôme Faas
Le groupe d’extrême droite s’estime victime de répression judiciaire.

Le groupe d’extrême droite s’estime victime de répression judiciaire.

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Le collectif d’extrême droite Kalvingrad Patriote, qui regroupait depuis cinq ans les jeunes identitaires genevois, a annoncé mercredi sur les réseaux sociaux sa dissolution. Les auteurs du texte expliquent ne plus se reconnaître dans cette structure. «La «guerre des boutons» menée avec les fils de bourgeois antifas ne nous intéresse pas, avoir des problèmes judiciaires du fait d’une répression toujours plus importante non plus.»

En toile de fond de cette dissolution figureraient, notamment, une ou plusieurs procédures judiciaires ayant donné lieu à des perquisitions et des séquestrations d’appareils électroniques. Les membres de Kalvingrad Patriote jugent être régulièrement accusés sans fondement «de tout et n’importe quoi». L’un d’eux estime que «cela confine à l’abus de pouvoir». Il indique aussi que l’âge venant, le risque d’avoir un casier judiciaire «pour des broutilles» refroidit certaines ardeurs.

Un connaisseur et proche de la mouvance identitaire estime pour sa part que le Ministère public fait preuve «d’excès de zèle» et qu’il s’agit d’une «persécution judiciaire qui n’est justifiée par aucune infraction à la loi de Kalvingrad Patriote». Il insiste sur le thème cher aux identitaires du «deux poids, deux mesures» entre eux-mêmes et les activistes d’extrême gauche antifas, qui pourraient «presque impunément», juge-t-il, mener des actions violentes.

Escarmouches

En automne 2018, des membres de Kalvingrad Patriote avaient été soupçonnés d’avoir détruit la vitrine de la Librairie du Boulevard et de s’en être pris aux locaux de la CUAE (le syndicat étudiant de gauche) et du Nadir (espace autogéré de l’Université, situé au bas d’Uni Mail). Une enquête avait été ouverte mais, faute d’identification des auteurs, le Ministère public avait rendu une ordonnance de non-entrée en matière, avait expliqué à l’époque à «L’Illustré» Marco Cattaneo, le porte-parole de l’alma mater.

En octobre 2019, des militants antifascistes s’en étaient pris à des jeunes identitaires réunis au Navy Bar, en Vieille-Ville. En décembre 2019, le même bar avait été vandalisé par un groupe féministe. Puis, toujours en décembre, une rixe assez violente avait opposé les deux factions, également en Vieille-Ville.

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