Espagne: Les images du terrible accident de train
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EspagneLes images du terrible accident de train

L'accident de train qui a fait au moins 80 morts, mercredi soir, à l'entrée de Saint-Jacques-de-Compostelle a été filmé par une caméra de surveillance disposée au-dessus des voies.

Les images du terrible accident de train (Source: Youtube)

Le train qui a déraillé mercredi soir à Saint-Jacques de Compostelle, dans le nord-ouest de l'Espagne «n'a eu aucun problème opérationnel» et venait de passer une révision technique le matin même, a affirmé jeudi le président de la compagnie ferroviaire publique Renfe. Selon un nouveau bilan communiqué jeudi par la préfecture de Galice, l'accident a fait 80 morts.

«Ce que nous savons, c'est que le train n'a eu aucun problème opérationnel, le train avait passé une révision le matin même», a déclaré Julio Gómez-Pomar Rodríguez, interrogée par la radio privée Cadena Cope.

Erreur du conducteur?

Un des conducteurs du train a reconnu avoir emprunté un virage à 190 km/h alors que la vitesse est limitée à 80 km/h dans ce virage situé en zone urbaine, rapporte «El Pais». Le conducteur, coincé dans la cabine de son convoi après l'accident, a communiqué par radio avec la gare sur ce qui venait de se produire. «On est humain ! On est humain !», s'est-il exclamé.«J'espère qu'il n'y a pas de morts parce qu'ils mourront sur ma conscience.» Selon l'agence Servimedia, l'homme a survécu à l'accident.

Samuel Juárez, le délégué du gouvernement, a quant à lui affirmé que le train roulait à 220 km/h au moment de l'accident, rapporte «El Mundo».

«Coup de tonnerre»

Plusieurs témoins ont raconté avoir entendu le bruit sourd d'une explosion. «J'étais chez moi et j'ai entendu comme un coup de tonnerre, très fort, j'ai vu beaucoup de fumée», témoignait Maria Teresa Ramos, une femme de 62 ans qui vit à quelques mètres du lieu de l'accident, assise dans son jardin d'où elle regarde une grue géante se préparant à soulever les wagons désarticulés.

«C'était un désastre. Les gens criaient. Tous le monde est parti chercher des couvertures et des serviettes pour aider les blessés. Personne n'avait jamais vu cela ici.» Plusieurs wagons sont sortis de la voie, s'empilant les uns sur les autres.

Un «tremblement de terre»

«J'ai entendu comme un coup de tonnerre. C'était comme s'il y avait eu un tremblement de terre», racontait à l'AFP un témoin âgé de 39 ans, Francisco Otero, qui se trouvait dans la maison de ses parents, le long de la voie.

«Je suis arrivé une minute plus tard. La première chose que j'ai vue a été le cadavre d'une femme. Cela m'a beaucoup impressionné. Je n'avais jamais vu un cadavre de ma vie», a-t-il ajouté, joint par téléphone. «Mais surtout, ce qui m'a le plus impressionné, c'était un grand silence. Il y avait aussi un peu de fumée et un petit incendie».

«Tout cela était irréel. Il y avait des voisins qui s'approchaient, ils tentaient d'extraire les gens prisonniers des wagons, avec des pics, des masses, et finalement ils ont réussi avec une scie à main».

Quatre wagons étaient renversés sur la voie, dont l'un au moins complètement déchiqueté, empilé sur un autre, de la fumée et des flammes se dégageant du convoi. Un autre a été projeté en l'air, jusque sur un terre-plein au-dessus de la voie. Plusieurs cadavres gisaient sur les voies, recouverts de couvertures.

«Il semble que dans un virage le train ait commencé à se retourner, nous avons fait beaucoup de tonneaux et plusieurs wagons se sont empilés les uns sur les autres», a raconté un passager, cité par la radio Cadena Ser.

Enquête en cours

L'accident, l'une des plus graves tragédies ferroviaires de l'histoire de l'Espagne, s'est produit à 20h42 (18h42 GMT) sur un tronçon de voie à grande vitesse, dans un virage très prononcé à environ quatre kilomètres de la gare de Saint-Jacques de Compostelle, la ville de pèlerinage mondialement célèbre.

Le train venant de Madrid se dirigeait vers Ferrol, sur la côte atlantique, et circulait à cet endroit sur un tronçon de la voie à grande vitesse galicienne, mise en service en décembre 2011. Il transportait 218 passagers et 4 employés de la compagnie de chemin de fer, la Renfe.

«Une enquête est en cours et nous devons attendre» pour connaître les causes de l'accident, a déclaré un porte-parole de la Renfe. «Nous connaîtrons sous peu la vitesse quand nous analyserons les boîtes noires du train».

L'accident s'est produit à la veille de la Saint-Jacques, le saint patron des Galiciens, une fête traditionnelle dans cette région. Toutes les cérémonies prévues à Saint-Jacques ont été annulées.

Très vite, de longs convois d'ambulances, gyrophares allumés, se sont formés, dans une course contre la montre pour évacuer les blessés. La nuit venue, toutes les routes environnantes étaient envahies par un ballet d'ambulances, sirènes hurlantes, tandis que sur les voies, les secouristes casqués, vêtus de gilets jaunes, armés de pics, tentaient de se frayer un chemin dans les tôles froissées.

Cette catastrophe ferroviaire est l'une des plus graves jamais survenues en Espagne. En 1944, une collision entre un train qui se rendait lui aussi de Madrid en Galice et une locomotive avait fait des centaines de morts. En 1972, 77 personnes avaient été tuées dans le déraillement d'un train reliant Cadix à Séville, en Andalousie.

(Source: youtube.com)

(20 minutes/afp)

Rajoy annonce trois jours de deuil national

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a annoncé jeudi trois jours de deuil national. «Je vais signer aujourd'hui un décret déclarant trois jours de deuil national dans toute l'Espagne», a déclaré Mariano Rajoy, en visite sur les lieux de la catastrophe, l'une des plus meurtrières de l'histoire du pays, à Saint-Jacques de Compostelle, dans le nord-ouest de l'Espagne.

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