Actualisé 24.06.2013 à 08:01

Genève

Les incertitudes fiscales freinent les implantations

Les incertitudes fiscales et la conjoncture mondiale freinent les implantations de nouvelles sociétés à Genève. Les entreprises étrangères préfèrent attendre avant de se décider.

«Elles savent que nous traversons une phase de transition et que les statuts fiscaux vont changer. Cette incertitude les retient de se relocaliser», a déclaré lundi le directeur du Service de la promotion économique du canton Daniel Loeffler dans un entretien publié dans «Indices», le supplément mensuel du quotidien «L'Agefi». Il évoque un délai de trois à cinq ans pour clarifier la situation juridique.

«Il y a une incertitude, mais celle-ci ne provoque pas une paralysie, mais un ralentissement. Les pratiques fiscales sont remises en question également dans d'autres pays. C'est une phase d'expectative valable au niveau européen», a expliqué le chef de la promotion économique du canton.

Recul de 41% en 2012

En 2012, les implantations d'entreprises étrangères à Genève ont reculé de 41%. Seulement 23 nouvelles sociétés s'y sont implantées, créant 92 emplois, contre 39 installations en 2011 et 32,5 implantations en moyenne sur la décennie 2002-2011.

«L'un des facteurs essentiels est conjoncturel. De nombreuses multinationales ont annoncé des restructurations de personnel en raison d'un ralentissement de l'économie mondiale. La croissance dans les pays européens était également faible voire négative», a expliqué Daniel Loeffler.

«Très clairement une multinationale préfère investir sur les marchés en croissance, aujourd'hui principalement l'Asie», a-t-il ajouté.

Soulignant que chaque cas est différent et qu'il n'y a pas de risque d'effet domino après le départ de Merck Serono et du siège européen de Colgate-Palmolive qui a regroupé ses activités sur son site de Bâle, Daniel Loeffler estime que «l'effet de la cherté du franc suisse a tendance à se résorber».

«Pour les conditions cadres, Dubaï est mieux placé que Genève qui se rattrape sur des éléments subjectifs comme la qualité de vie», relève le responsable de la promotion du canton. En Europe, du point de vue fiscal, la compétition est rude. «Amsterdam et Londres proposent des avantages fiscaux et du droit du travail très compétitifs», dit-il.

La carte chinoise

Le canton a déterminé deux marchés stratégiques: l'Asie et les Etats-Unis où il veut développer son réseau et sa visibilité. «Avec l'accord de libre-échange récemment signé avec la Chine, il existe une opportunité pour que les entreprises chinoises, qui souhaitent se développer en Europe, le fassent depuis Genève», a également relevé Daniel Loeffler.

Il prévoit que ces prochaines années, Genève attire plutôt des structures de vente que des quartiers généraux, en phase d'expectative. Les entreprises locales créent plus d'emplois (plus de 3000 en 2012) que les nouvelles implantations étrangères. (ats)

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