Actualisé 09.12.2018 à 13:09

Belgique

Les indépendantistes flamands démissionnent

Mini crise politique en Belgique, où les ministres nationalistes flamands ont annoncé leur retrait du gouvernement.

Le Premier ministre belge Charles Michel va prendre la tête d'un gouvernement sans majorité.

Le Premier ministre belge Charles Michel va prendre la tête d'un gouvernement sans majorité.

Keystone

Les ministres nationalistes flamands de la N-VA vont démissionner de la coalition au pouvoir depuis quatre ans, en raison d'une divergence profonde sur le Pacte de l'ONU sur les migrations, a annoncé dimanche l'un d'eux, le ministre de l'Intérieur Jan Jambon.

«C'est clair, c'est net», a déclaré Jan Jambon à la télévision publique RTBF en confirmant ces départs, mettant fin à plusieurs heures de flou. Une fois acté le départ de la N-VA, poids lourd de cette coalition belge, le Premier ministre Charles Michel doit prendre la tête d'un gouvernement sans majorité au parlement, à cinq mois des prochaines élections législatives prévues fin mai.

Il devait nommer dimanche de nouveaux ministres pour remplacer ceux de la N-VA et redistribuer leurs portefeuilles (Intérieur mais aussi Finances, Défense et Migration). Le gouvernement a souvent tangué depuis quatre ans en raison des prises de positions jugées radicales de la N-VA sur la migration.

Ultimatum lancé

Le président du parti Bart De Wever avait lancé samedi soir un ultimatum à Charles Michel. Il a laissé entendre que la N-VA s'en irait si ce dernier s'envolait pour Marrakech dimanche afin d'approuver au nom de la Belgique le Pacte de l'ONU sur les migrations.

«Je prends (...) acte ce soir que la N-VA quitte la majorité», avait répondu Charles Michel dans la foulée. Il avait répété sa ferme intention de représenter la Belgique à Marrakech comme «chef de gouvernement d'une coalition responsable». Samedi soir, un conseil des ministres de la dernière chance avait été convié, mais il n'a pas permis de surmonter les divergences.

Changement d'avis

La N-VA est le seul des quatre partis de la coalition opposé à ce texte onusien, qui doit être approuvé lundi et mardi au Maroc par les pays de l'ONU, avant d'être ratifié lors d'un vote au siège des Nations Unies à New York le 19 décembre. Le pacte avait d'abord fait l'objet d'un consensus gouvernemental cet été, mais la N-VA a changé d'avis fin octobre.

La crise, latente depuis plusieurs semaines, a éclaté mardi soir, quand Charles Michel a annoncé son intention de se tourner vers le parlement, faute d'unanimité au sein de son gouvernement. Deux jours plus tard, une large majorité droite/gauche s'est dégagée en plénière à la Chambre en faveur d'une résolution demandant au gouvernement de soutenir le pacte. La N-VA s'est retrouvée isolée au côté du parti d'extrême droite Vlaams Belang.

Meeting avec Le Pen

Ce parti anti-immigration a d'ailleurs tenu samedi un meeting à Bruxelles avec Marine Le Pen, cheffe de l'extrême droite française, et Steve Bannon, ex-conseiller de Donald Trump, afin de dénoncer ce Pacte, brandi comme épouvantail par les populistes à travers l'UE à l'approche des élections européennes en mai prochain.

Non contraignant, le pacte de l'ONU recense des principes et une vingtaine de propositions pour aider les pays à faire face aux migrations. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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