Ecosse: Les indépendantistes veulent un 2e référendum
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EcosseLes indépendantistes veulent un 2e référendum

Les indépendantistes écossais souhaitent organiser un nouveau scrutin sur leur région, un an après avoir été tenus en échec devant le peuple.

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16.09.2015 Les indépendantistes écossais, loin d'avoir été découragés par l'échec du référendum sur l'indépendance de leur région il y a tout juste un an, ont déjà remis l'ouvrage sur le métier, bien décidés à obtenir au plus vite une deuxième consultation.

16.09.2015 Les indépendantistes écossais, loin d'avoir été découragés par l'échec du référendum sur l'indépendance de leur région il y a tout juste un an, ont déjà remis l'ouvrage sur le métier, bien décidés à obtenir au plus vite une deuxième consultation.

Reuters/Luke Macgregor
19.09.2014  La reine Elizabeth II a appelé vendredi le peuple britannique à l'unité après la victoire du non à l'indépendance de l'Ecosse au référendum d'auto-détermination.

19.09.2014 La reine Elizabeth II a appelé vendredi le peuple britannique à l'unité après la victoire du non à l'indépendance de l'Ecosse au référendum d'auto-détermination.

Keystone/AP/Danny Lawson
19.09 Le dirigeant nationaliste écossais Alex Salmond a annoncé vendredi qu'il démissionnait de son poste de Premier ministre du gouvernement autonome.

19.09 Le dirigeant nationaliste écossais Alex Salmond a annoncé vendredi qu'il démissionnait de son poste de Premier ministre du gouvernement autonome.

Keystone/AP/Danny Lawson

Les indépendantistes écossais, loin d'avoir été découragés par l'échec du référendum sur l'indépendance de leur région il y a tout juste un an, ont déjà remis l'ouvrage sur le métier, bien décidés à obtenir au plus vite une deuxième consultation.

«Nous voulons que le monde entier sache que douze mois après, nous voulons toujours l'indépendance et demander l'organisation d'un nouveau référendum le plus rapidement possible, de préférence d'ici 2018», explique à l'AFP Tommy Sheridan, co-fondateur de l'association «Hope over Fear» («L'espoir plus fort que la peur»).

Une «question de temps», selon Sean Connery

Ce groupe a appelé à manifester samedi, au lendemain du jour anniversaire du référendum, sur la place George de Glasgow, rebaptisée «place de la liberté» par les nationalistes.

«Nous pensons que nous gagnerions un deuxième référendum», assure M. Sheridan, conforté par deux sondages récents qui montrent que l'indépendance est désormais l'option préférée des Écossais qui l'avaient rejetée l'an dernier par 55% des voix. «Ce n'est qu'une question de temps», a pour sa part déclaré mardi l'acteur Sean Connery, 85 ans, parmi les plus célèbres Ecossais soutenant l'indépendance.

Echéancier en vue

Quant au Parti national écossais (SNP), à l'origine de la consultation, après avoir proclamé l'an dernier qu'un tel référendum ne pouvait intervenir «qu'une fois par génération», il vient d'annoncer qu'il compte proposer un échéancier pour en organiser un autre dès sa plateforme électorale pour les élections régionales de 2016.

Ce programme sera dévoilé le mois prochain, mais Nicola Surgeon, leader du SNP et chef du gouvernement écossais, a d'ores et déjà estimé qu'un nouveau référendum pourrait être organisé «dans cinq ou dix ans».

Revirement peu surprenant

Ce revirement, qui ne constitue pas véritablement une surprise tant les nationalistes ont distillé tout au long de l'année des indices allant dans ce sens, a provoqué la colère des partis d'opposition, qui leur reprochent de vouloir continuer à semer l'incertitude et la zizanie au sein de la société écossaise.

«Je n'ai vu autant de division parmi mes amis, ma famille, avec des gens qui se disaient des choses que je pensais inimaginables», que lors du référendum de 2014, a raconté dans un récent documentaire le travailliste Alistair Darling, qui a dirigé la campagne favorable au maintien dans le Royaume-Uni.

Référendum alibi pour les travaillistes

Le chef de l'opposition travailliste Ian Murray a pour sa part estimé que le SNP voulait se servir du référendum pour détourner les regards de son bilan gouvernemental régional pendant la campagne électorale qui vient.

Le Premier ministre britannique David Cameron, qui espérait que la question serait enterrée pour un bon bout de temps, a opposé récemment une fin de non recevoir à l'idée d'une nouvelle consultation. «Je ne vois pas la nécessité d'organiser un autre» référendum, a-t-il déclaré en juillet, estimant que le résultat du premier avait été «clair».

Pas pour bientôt, selon les analystes

Quoi qu'il en soit et malgré les ambitions affichées par le SNP, il ne devrait pas se précipiter, estiment les analystes. «Je ne pense pas qu'il y aura un autre référendum bientôt pour la simple raison que le SNP voudra attendre d'être sûr de l'emporter», déclare Malcolm Harvey, professeur de sciences politiques à l'université d'Aberdeen (nord de l'Écosse).

«Pour cela, il faudrait voir 25 à 30 sondages plaçant systématiquement l'indépendance en tête», estime-t-il, soulignant que «le public écossais est conservateur, c'est-à-dire préoccupé par l'impact économique, et ne changera pas de position à la légère». «Il faudrait un séisme», comme par exemple une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, selon lui.

Bouleversement du paysage politique

S'il a débouché sur une réponse négative, le référendum du 18 septembre 2014 a cependant contribué à bouleverser le paysage politique de la région septentrionale du Royaume-Uni, boostant l'audience du SNP tandis que le Parti travailliste, qui y était traditionnellement fort, a été complètement laminé aux élections législatives nationales du mois de mai.

Le SNP est passé de 6 à 56 députés au Parlement britannique et de 25.000 à plus de 100'000 membres. Il a aussi poussé les Ecossais à s'intéresser à la politique comme jamais, observe Keith Brown, ministre écossais des Infrastructures, auprès de l'AFP. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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