Crise financière: Les inégalités de richesse ont augmenté
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Crise financièreLes inégalités de richesse ont augmenté

Une étude publiée dimanche a fait ce constat dans les pays développés depuis le début de la crise.

Après la faillite de Lehman Brothers, les banques avaient abaissé les taux d'intérêt et injecté des liquidités. Ce qui aurait exacerbé les écarts de richesse.

Après la faillite de Lehman Brothers, les banques avaient abaissé les taux d'intérêt et injecté des liquidités. Ce qui aurait exacerbé les écarts de richesse.

photo: Keystone

Les inégalités de richesse dans les pays développés se sont accrues depuis la crise financière, selon une étude publiée dimanche dans le rapport trimestriel de la Banque des règlements internationaux (BRI), qui s'est interrogée sur l'influence des politiques monétaires exceptionnelles.

«L'assouplissement monétaire sans précédent depuis le début de la grande crise financière a soulevé des inquiétudes sur le fait que la politique monétaire ait pu contribuer aux inégalités», ont constaté Dietrich Domanski, Michela Scatigna et Anna Zabai, les auteurs de cette étude.

Pour empêcher les systèmes financiers de dérailler aux lendemains de la faillite de la banque américaine Lehman Brothers, les banques centrales avaient multiplié les mesures non-conventionnelles.

Taux d'intérêt baissés

Elles avaient abaissé les taux d'intérêt à des niveaux extrêmement bas et injecté des liquidités par le biais de politiques d'assouplissement quantitatif qui impliquaient de vastes programmes de rachat d'actifs.

Or deux arguments semblent soutenir l'idée que ces politiques exceptionnelles ont pu contribuer à exacerber les écarts de richesses, le premier étant que la courbe des rendements, proche de zéro sur une très longue période, a impacté durablement la valorisation des actifs. Le second est que ces politiques exceptionnelles ont ciblé spécifiquement certains marchés, comme par exemple l'immobilier.

Simulation

Pour mettre ces hypothèses à l'épreuve, les économistes de la BRI, une institution considérée comme la banque centrale des banques centrales, ont commencé par procéder à une simulation sur le patrimoine des ménages dans six pays.

L'objectif était d'examiner la part des actions, des obligations, des dépôts, des fonds, de l'immobilier et de la dette dans le patrimoine des ménages les plus riches et les plus pauvres.

Cet exercice, purement théorique ont insisté les auteurs de l'étude, a notamment fait ressortir que le patrimoine des ménages les plus riches avait progressé deux fois plus vite que celui des plus pauvres en Allemagne et en Italie, quatre fois plus vite aux États-Unis, et cinq fois plus vite en France. Au Royaume Uni, les inégalités sont revenues à leur niveau d'avant-crise après un déclin initial.

Effets des politiques monétaires

Dans un deuxième temps, ils ont évalué les effets des politiques monétaires sur ces différentes composantes du patrimoine. Entre autres enseignements, ils ont constaté que les obligations, dont le rendement a été fortement réduit par la faiblesse des taux, n'ont joué qu'un rôle mineur sur les écarts de richesse, la part de ce type de placement étant généralement à peu près similaire chez les ménages les plus riches et les plus pauvres.

L'impact a en revanche été beaucoup plus significatif au niveau des actions. La faiblesse des rendements a en effet poussé les investisseurs à modifier la composition de leurs portefeuilles au profit des actifs à risque.

Or ceux-ci occupent une place beaucoup plus importante dans le patrimoine des ménages les plus riches. Dans la simulation, les actions représentent 7,3% du patrimoine des ménages les plus riches en France contre 1,2% pour celui des plus pauvres.

Ecarts atténués

La reprise de l'immobilier, qui pèse plus lourd dans le patrimoine des ménages les plus pauvres, a cependant en partie contribué à atténuer ces écarts, les taux bas ayant stimulé ce marché.

Les auteurs de l'étude ont toutefois insisté sur les limites de ces recherches empiriques, relevant qu'elles visaient à donner des pistes sur un débat qui se trouve toujours «à ses débuts». (nxp/afp)

Problème inquiétant de la dette

La Banque des règlements internationaux (BRI) est longuement revenue sur les secousses qui ont agité les marchés en début d'année dans son rapport trimestriel, publié dimanche, son chef économiste mettant en garde contre le problème inquiétant de la dette. «L'année 2016 a commencé par l'une des pires vagues de liquidation jamais vues», a retracé Claudio Borio, le chef du département monétaire et économique de la BRI, une institution considérée comme la banque centrale des banques centrales, dans les commentaires accompagnant ce rapport.

La dette, qui était à l'origine de la crise financière, a continué d'enfler. Dans les économies avancées, le secteur privé s'est désendetté mais la dette publique a continué de gonfler. Le phénomène le plus inquiétant se situe toutefois selon lui au niveau des entreprises des économies émergentes, qui avaient été le moteur de la croissance depuis la crise.

Or un cercle vicieux est en train de se former entre à l'appréciation du billet dollar et le durcissement des conditions financières alors que nombre d'entre elles se sont endettées dans cette devise.

(NewsXpress)

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