OMS: Les inégalités tuent à grande échelle
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OMSLes inégalités tuent à grande échelle

Les inégalités sociales tuent à grande échelle, selon un rapport publié jeudi par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Les différences entre les pays et à l'intérieur des pays en matière de santé n'ont pas d'explication biologique.

«De mauvaises politiques sociales et économiques expliquent des inégalités massives en matière de santé et sont responsables de la majorité des décès évitables dans le monde», a déclaré Sir Michael Marmot, président de la commission sur les déterminants sociaux qui a élaboré le rapport au cours d'une enquête de trois ans.

En Suède, le risque pour une femme de décéder pendant une grossesse ou lors d'un accouchement est de un pour 17 400, alors qu'en Afghanistan il est de un pour huit. Les différences sont aussi considérables à l'intérieur des pays.

Un enfant né dans une banlieue de Glasgow, en Ecosse, a une espérance de vie inférieure de 28 ans à un autre né à 13 kilomètres à peine. Le rapport de l'OMS propose de «combler le fossé en une génération».

Effort sur la prévention

La directrice générale de l'OMS Margaret Chan a souligné que «les inégalités en matière de santé ne sont pas une fatalité, mais la conséquence d'un échec de la politique». Elle a insisté sur la nécessité de distribuer de manière plus équitable les fruits de la mondialisation.

Le Dr Chan a indiqué que la prévention doit jouer un rôle beaucoup plus important, «parce que l'on ne peut pas se permettre des systèmes de santé dont les coûts ne cessent de s'accroître», notamment à cause de l'augmentation des maladies chroniques.

Les progrès technologiques et scientifiques ne suffisent pas pour améliorer la santé. Il faut agir sur l'environnement social des individus.

«Il y a un fossé entre ce que nous savons et ce que nous faisons», a poursuivi Margaret Chan. «Souvent, nous savons, mais nous ne faisons rien», a-t-elle dit. Il faut s'attaquer aux causes profondes des problèmes de santé, a-t-elle insisté.

Le rapport va être discuté au niveau régional, avant d'être soumis au Conseil exécutif de l'OMS en janvier. Le Dr Chan a espéré que le travail de la commission convaincra les gouvernements de donner plus d'attention à l'impact des politiques sociales et économiques sur la santé.

A l'intérieur des pays

Un milliard d'individus de la planète vivent dans des bidonvilles, dans des conditions insalubres, a déploré Sir Michael Marmot. Mais la richesse à elle seule ne détermine pas l'état de santé d'une population.

Certains pays à faible revenu comme Cuba, le Costa Rica, la Chine, l'Etat du Kerala en Inde et le Sri Lanka ont atteint des niveaux de santé satisfaisants malgré un revenu national relativement peu important. Le rapport cite en exemple les mesures prises par les pays scandinaves.

Dans la plupart des pays, les inégalités se sont creusées. La mortalité de l'adulte est 2,5 fois plus importante dans les quartiers les plus démunis que dans les quartiers les plus favorisés au Royaume-Uni. Aux Etats-Unis, 886 200 décès auraient été évités entre 1991 et 2000 si le taux de mortalité avait été le même chez les Américains d'origine africaine que chez les Blancs, alors qu'à titre de comparaison seules 176 633 vies ont pu être sauvées grâce aux progrès de la médecine au cours de la même période.

La mortalité maternelle est trois à quatre fois plus forte chez les pauvres que chez les riches en Indonésie. La mortalité de l'enfant dans les bidonvilles de Nairobi est 2,5 fois plus importante que dans les autres parties de la ville, note le rapport. (ats)

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