Energie renouvelable: Les installations solaires sont les moins menaçantes pour la biodiversité

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Énergie renouvelableLes installations solaires sont les moins menaçantes pour la biodiversité

Le développement des énergies renouvelables et la biodiversité semblent s’opposer de manière irréconciliable. «Ce n’est pas vrai», affirme l’Alliance-Environnement, qui a lancé une campagne d’information.

par
Jan Graber
Autrefois, la construction de centrales hydroélectriques ne tenait guère compte de la biodiversité. De nombreuses espèces de poissons et d’écrevisses ont donc disparu.

Autrefois, la construction de centrales hydroélectriques ne tenait guère compte de la biodiversité. De nombreuses espèces de poissons et d’écrevisses ont donc disparu.

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La situation est complexe. Les centrales de production d’énergie renouvelable devraient pousser comme des champignons, mais dès qu’une éolienne est prévue quelque part, la résistance s’organise – les défenseurs du paysage, de la nature et des animaux se déchaînent contre elle, évoquant une défiguration du site et une menace pour la biodiversité.

Le premier point est difficilement discutable, puisqu’il dépend de la perception de l’observateur. La situation est différente en ce qui concerne la biodiversité. Autrefois, la construction de centrales hydroélectriques ne tenait guère compte de la population de poissons. Les rivières ont donc été détournées, barrées ou inondées pour produire de l’électricité.

Selon le WWF, en Suisse, 2700 kilomètres de rivières sont ainsi à sec, et 60% des espèces de poissons et d’écrevisses indigènes sont éteintes ou menacées d’extinction.

Les installations solaires sont en grande partie inoffensives

La protection de la biodiversité et le développement des énergies renouvelables sont-ils dès lors antinomiques? Non, estime l’Alliance-Environnement, composée des organisations environnementales Greenpeace, BirdLife, SES, ATE, Pro Natura et WWF. Mais il faut faire preuve de discernement, comme le montre la nouvelle campagne d’information «Un approvisionnement énergétique sûr pour la Suisse en 2035».

Il s’agit en premier lieu de promouvoir le photovoltaïque, car c’est là que le potentiel de production d’électricité est le plus grand et que les risques pour la faune et la flore sont les plus faibles. D’après le WWF, «le photovoltaïque sur les infrastructures existantes n’a pas d’impact négatif sur la biodiversité.»

Les installations photovoltaïques présentes sur des surfaces ouvertes seraient également moins problématiques à cet égard que les centrales éoliennes et hydrauliques. Les constructions sur des zones non imperméabilisées ne devraient toutefois être réalisées que là où les conflits sont minimes, comme les décharges, les carrières ou les plans d’eau artificiels.

Renouveler les installations hydrauliques plutôt que d’en construire de nouvelles

Il est également possible de produire de l’électricité à partir de centrales éoliennes – bien que la contribution au tournant énergétique soit limitée et que des conflits puissent surgir, notamment en cas d’extension importante. Toutefois, les régions à fort potentiel éolien sont souvent des lieux à forte biodiversité. Le Jura et, dans une moindre mesure, les Préalpes offrent, «après une étude approfondie», des sites intéressants. D’ici 2035, il existe un potentiel de 215 à 310 mâts, soit une puissance de 3,1 térawattheures.

Pour les organisations environnementales, le développement de l’énergie hydraulique n’a en revanche pas beaucoup de sens. «Le potentiel est épuisé à 95%», écrit le WWF. Dans ce domaine, la biodiversité devrait avoir la priorité. L’accent doit être mis sur l’assainissement écologique et l’optimisation des installations existantes.

L’alliance voit un autre grand potentiel de protection de la biodiversité dans le gaspillage d’énergie des consommateurs: «Le kilowattheure le plus propre est celui que nous n’avons pas besoin de produire», note le WWF. Il faudrait donc construire globalement moins de centrales électriques.

«La crise climatique et celle de la biodiversité sont les deux faces d’une même médaille», affirme le WWF. Elles ne peuvent être résolues qu’ensemble.

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