Syrie: Les insurgés appellent à «défaire Assad»
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SyrieLes insurgés appellent à «défaire Assad»

Plusieurs manifestations de militants anti-Assad sont prévues vendredi sous le slogan «Nous serons victorieux et Assad sera défait».

Des anti-Assad manifestaient vendredi à Hass, dans la province d'Idlib

Des anti-Assad manifestaient vendredi à Hass, dans la province d'Idlib

Les militants anti-régime ont appelé les Syriens à manifester vendredi pour «défaire» le président Bachar al- Assad. Les observateurs internationaux en Syrie ne comptent pas assister à ces rassemblements, pour éviter toute récupération.

Sur leur page Facebook, comme chaque vendredi depuis le début d'une révolte populaire en mars 2011, les militants ont lancé un appel à manifester sous le slogan «Nous serons victorieux et Assad sera défait».

Les observateurs absents des manifestations

Chargés de surveiller un cessez-le-feu fragile instauré dans le cadre du plan de paix de l'ONU, les observateurs internationaux s'abstiendront d'assister aux manifestations. Ils veulent éviter que leur «présence ne soit utilisée» pour favoriser «une escalade» de la violence.

«Aujourd'hui, nous avons d'autres tâches, nous allons rencontrer des civils et des représentants d'organisations», a déclaré le colonel Ahmed Himmiche, à la tête de la délégation. Une première équipe d'observateurs est sur place pour prendre des contacts et préparer une mission plus complète, en vertu d'une résolution de l'ONU votée samedi.

Mais selon Ahdmad Fawzi, porte-parole de l'envoyé spécial de l'ONU et la Ligue arabe Kofi Annan, la situation sur le terrain «n'est pas bonne». Lors d'un point de presse vendredi, il a souligné par ailleurs que le cessez-le-feu était «très fragile».

Encore des bombardements

Effectivement, les combats n'ont pas cessé: de violentes explosions ont encore été entendues vendredi dans les quartiers d'Inchaat et de Khalidiyé à Homs. Ce dernier quartier «était bombardé au mortier depuis ce matin à raison d'un obus toutes les cinq minutes», a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une ONG basée à Londres.

Des bruits de tirs intensifs et d'explosions ont également été entendus dans la ville de Qousseir, proche de Homs. Plus de 120 civils ont péri en huit jours en Syrie depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu violé quotidiennement. L'opposition armée réclame désormais une intervention militaire de «pays amis» sans l'aval de l'ONU.

Moscou estime que la trêve tient

Allié du régime de Damas, Moscou estime tout de même que le cessez-le-feu en Syrie est «dans l'ensemble» respecté, malgré des «violations et des provocations».

«C'est un succès important dont la perte signifierait le retour à une nouvelle spirale de violence et à une dégradation de la situation», estime encore le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué vendredi.

«Dernière chance»

Sur le front diplomatique, la France prévoit présenter ce vendredi au Conseil de sécurité des Nations unies un nouveau projet de résolution sur la mission d'observateurs, dont elle souhaite porter les effectifs à 500 membres, a déclaré Alain Juppé sur BFM-TV.

«Le plan Annan est la dernière chance avant la guerre civile», a réaffirmé le ministre français des Affaires étrangères. Les effectifs actuellement prévus de 250 observateurs sont jugés insuffisants face à la situation. (ats)

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