Les intempéries pourraient se reproduire souvent
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Les intempéries pourraient se reproduire souvent

Les intempéries et les crues qui ont ravagé plusieurs cantons et tué six personnes en août 2005 risquent de se reproduire à l'avenir.

Ces conclusions émanent de la première partie d'une analyse de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) et de l'Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et les paysages (WSL). Publiée jeudi, cette étude souligne que les crues de 2005 sont sans précédent dans l'histoire récente compte tenu de l'ampleur des dégâts, qui se montent à près de trois milliards de francs.

Le rapport montre en outre clairement qu'une politique de protection systématique contre les crues est nécessaire «pour éviter que de futurs événements du même type ne produisent des dommages aussi importants voire plus graves», affirment les autorités fédérales dans un communiqué.

Pour y parvenir, des cartes indiquant quels sont les dangers et où ils se situent vont être établies d'ici 2011 pour l'ensemble du territoire suisse. Sur la base de celles-ci, des mesures préventives pourront alors être prises, que ce soit au niveau de l'aménagement du territoire, de la construction ou de l'organisation.

Causes des intempéries

Les causes des intempéries de 2005 et les dégâts qu'elles ont occasionnés sont également analysés en détail dans le rapport. Selon celui-ci, les précipitations des 21 et 22 août sur les bassins versants de l'Aar, de la Reuss et de la Limmat ont atteint des records jamais observés depuis 1910.

Les rives des lacs et des rivières ont été sévèrement endommagées par les crues, mais grâce à la capacité de retenue des lacs, les débits sortants ont été 30 à 60% plus faibles que les débits entrants. Les barrages ont également joué un grand rôle grâce à leurs importantes possibilités de rétention.

Plus de 5000 glissements de terrain se sont produits au cours des ces journées, coûtant notamment la vie à deux pompiers dans l'Entlebuch. Au total, quelque 900 villes et villages ont été touchés par les fortes pluies, inondations, coulées de boue et glissements de terrain, soit près d'un tiers des communes suisses.

Les dommages enregistrés dans les cinq cantons les plus touchés, à savoir Berne, Lucerne, Uri, Obwald et Nidwald, représentent 75% des coûts totaux. Sur ces derniers, les trois quarts sont dus à des dommages privés et le quart restant à des infrastructures.

Limites des prévisions

Selon le rapport, ces intempéries ont démontré les limites du système de prévision météorologique et hydrologique actuel. Si les prestations techniques ont été bonnes, le fonctionnement global peut encore être amélioré, notamment au niveau des états-majors de crise des cantons et communes qui reçoivent les informations.

Certaines améliorations ont déjà été apportées depuis 2005, mais d'autres nécessitent encore des études plus détaillées, qui seront en partie réalisées dans le cadre de la deuxième partie de l'analyse à paraître dans un an, indiquent l'OFEV et le WSL. Le rapport de synthèse, destiné à un large public, suivra et formulera des recommandations précises pour la gestion des dangers naturels.

(ats)

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