Aéronautique: Les investisseurs retirent leur offre de rachat d'Alitalia
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AéronautiqueLes investisseurs retirent leur offre de rachat d'Alitalia

Les investisseurs italiens rassemblées au sein de la Compagnie aérienne italienne (Cai) ont annoncé jeudi qu'ils retiraient leur offre de reprise d'Alitalia.

La faillite est désormais inéluctable.

Les actionnaires de la Cai, rassemblés en assemblée générale à Milan, ont voté ce retrait «à l'unanimité», selon le communiqué.

Les syndicats d'Alitalia devaient donner leur réponse au plan de reprise jeudi avant 16H00, heure du début de l'assemblée de la Cai. Mais six d'entre eux qui y étaient opposés, dont les syndicats de pilotes, ont réclamé de nouvelles négociations de dernière minute.

Le gouvernement comme les investisseurs italiens avaient répété à plusieurs reprises que l'offre n'était plus négociable, mais à prendre ou à laisser.

«La dramatique situation d'Alitalia, bien pire que celle qui prévalait au moment d'autres offres de reprise dans le passé, et des marchés internationaux, ne permet pas d'allonger encore les discussions qui ont été approfondies et ont permis de nombreuses concessions», explique la Cai, qui exprime sa «profonde désillusion».

«De nouvelles concessions auraient irrémédiablement compromis la réalisation du plan», a-t-elle ajouté. Le plan de la Cai, qui était prête à mettre 1 milliard d'euros sur la table, prévoyait la reprise des activités de transport de passagers et de 12 500 salariés d'Alitalia et d'Air One, deuxième compagnie italienne avec laquelle elle devait fusionner, alors que 3250 postes devaient être supprimés.

Dramatique, selon Silvio Berlusconi

Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a réagi jeudi en disant avoir «eu la confirmation du retrait de l'offre», ajoutant devant des journalistes que «la situation est dramatique, nous pourrions être au bord du précipice».

«Il est évident qu'il y a de grosses responsabilités, surtout de la part de la confédération (syndicale) CGIL et des syndicats de pilotes», a ajouté le chef du gouvernement. Le retrait de la Cai représente un revers pour Silvio Berlusconi qui s'était engagé à trouver des repreneurs italiens après l'échec de la tentative d'Air France-KLM, au printemps dernier, de racheter Alitalia.

Du symbole au déclin

La compagnie aérienne Alitalia, détenue à 49,9% par l'Etat italien, avait été lancée en 1947. Elle a symbolisé la réussite économique de l'Italie après la Deuxième Guerre mondiale, devenant dans les années 70 la septième compagnie mondiale, avant de connaître un long déclin, qui s'est aggravé ces dernières années.

L'Etat y a englouti 5 milliards d'euros lors des quinze dernières années sous forme de recapitalisations diverses. En vain, car Alitalia a perdu 3 millions d'euros par jour au premier semestre et ses pertes devraient s'élever à 800 millions d'euros à la fin du mois de septembre. Fin juillet, sa dette était de près de 1,2 milliard d'euros.

Au bord de la faillite déjà en 2004, Alitalia n'avait dû sa survie qu'à un nouveau plan de recapitalisation d'1 milliard d'euros, accompagné de 3700 suppressions d'emplois, en partie non réalisées.

Compagnie de rang moyen, membre de l'alliance commerciale Sky Team avec Air France-KLM (qui détient 2% de son capital), Alitalia a transporté 24,5 millions de passagers en 2007, soit le tiers environ des grands européens du secteur comme Air France-KLM ou Lufthansa.

La compagnie dispose d'une flotte vieillissante de 173 avions, qui desservent 84 destinations, 25 en Italie et 59 à l'international dont 14 intercontinentales.

La compagnie emploie environ 11 100 personnes directement tandis que 8300 autres salariés ont été transférés en 2006 dans une entité baptisée Alitalia Servizi, regroupant les services de maintenance et chapeautée par la holding publique Fintecna.

(ats)

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